mercredi 28 janvier 2015

Femmes de jazz

Bien qu’écrivant peu pour le jazz, j’ai tout de même eu la chance de chroniquer Erik Truffaz, Magic Malik, MAM, Oxyd, Tricia Evy, Guillaume Perret, Ibrahim Maalouf… J’écoute assez souvent du jazz, je vais à des concerts de jazz, certainement plus qu’avant. Récemment, j’ai eu le privilège d’assister au concert de Tigran Hamasyan (en trio) dans la salle intimiste des Cuizines, à Chelles. Incroyablement fort, impressionnant. J’ai aussi réécouté "Doo Bop" de Miles Davis et "Future Shock" d’Herbie Hancock, ces deux génies mêlant prodigieusement le jazz au hip hop. Ah ! Les années quatre-vingt…

Dans les années quatre-vingt-dix, j’ai beaucoup aimé Sixun. Le groupe était venu à Épernay pour animer des master class, et mener des interventions musicales dans les établissements scolaires. J’avais pu discuter avec les musiciens, très sympathiques, finalement peu différents des rockeurs que je pouvais côtoyer par ailleurs. En bouquet final, il y eut ce concert génial à la Cigale Musclée avec, sur scène, en guest, les participants des master class… Cela se passait dans le cadre de la Semaine Jazz, et comme je faisais partie de l’organisation, l’occasion m’a été donnée d’écouter en concert un genre musical que je connaissais peu et de l’apprécier, mes préférences demeurant tout de même très rock à cette époque-là.

Régulièrement, je reçois des disques de jazz à mon domicile, ils me sont envoyés par Arielle Berthoud, attachée de presse. De temps en temps, j’arrive à placer une chronique. Je ne manque pas d’écouter tous les disques qu’elle m’envoie, afin d’en savoir un peu plus sur ce qui se fait aujourd’hui, en matière de jazz, pour connaître ces différents musiciens contemporains, dont le nom la plupart du temps ne me dit rien. Certains disques retiennent mon attention, alors je les écoute plusieurs fois, le plus souvent dans ma voiture, au cours de mes trajets quotidiens, surtout le matin.

Dernièrement, grâce à Arielle, j’ai découvert Line Kruse, violoniste et flûtiste danoise, qui fut élève au Conservatoire Royal de Copenhague avant de s’aventurer vers le jazz et les musiques latines. Isabelle Olivier aussi, une harpiste française, compositrice de musiques de films comme  "Les glaneurs et la glaneuse" d’Agnès Varda, "L’esquive" d’Abellatif Kechiche, ou pour des spectacles vivants…

Ces disques, respectivement "Dancing on air" et "Don’t worry, be haRpy" m’ont enchantée et fait passer de bien bons moments en voiture, ces dernières semaines, sur les routes hivernales, alors qu’il faisait encore nuit. Des musiques parfaites pour me réveiller doucement, pour préparer la journée à venir dans la sérénité. Des musiques riches en belles sonorités, des trouvailles en matière de jeu avec les instruments, l’emploi de l’électronique, incontournable dorénavant.

Line Kruse
"Dancing on air"
Stunt Records / Taklit Editions & Productions / UVM Distribution
Sortie le 26 janvier 2015
Line Kruse, d’emblée, me plaît, avec ses mélodies ethniques, dont certaines trouvent écho en moi, faisant ressurgir un vieil air oublié. Puis, ça part vers autre chose, le violon devient virtuose, le rythme s’emballe, se fait plus nettement latino, alors je ne sais plus ni où j’habite, ni où je vais. Quelque part en Scandinavie ? À Cuba, Porto Rico, Buenos Aires ? Je conduis, il pleut, je fais marcher les essuie-glaces, je pense à tout autre chose. J’apprécie beaucoup la reprise rêveuse, enchanteresse, un brin latine, de la Gymnopédie n°1 d’Erik Satie. Mais il ne faut surtout pas limiter le disque à cet exercice de style. Entourant la violoniste, douze fameux musiciens, tissant un univers hors du temps, au-delà des frontières, loin des réalités. Les neuf autres titres du CD regorgent de finesse et de richesse, tant au niveau de l’orchestration que de la composition. Le plaisir est immense, infini, sans cesse renouvelé. La musicienne hors-pair joue depuis longtemps avec Gotan Project, elle est l’auteur de deux albums avant "Dancing on air" : "Warm waves" en 2005 et "Dream" en 2009. Quand elle est arrivée à Paris, elle s’est tournée vers la musique cubaine et argentine, jouant avec des pointures, devenant elle-même une artiste internationale. Line Kruse (en quintet) est en concert à Paris, au Sunside, le 29 janvier 2015, au Lavoir Moderne d’Epinal le 20 mars. Elle a une multitude de dates en France et en Belgique avec Michel Fugain & PLURIBUS, nouveau projet du chanteur de  "Fais comme l’oiseau". Une adaptation fort réussie, dans les seventies, de la chanson brésilienne "Vôce abuso"… Brasilia n’est donc pas très loin non plus, Copenhague est tout proche, Paris est à nos pieds.

 
Isabelle Olivier
"Don’t worry, be haRpy"
Enja Records / Yellow Bird / Harmonia Mundi
Sortie le 27 janvier 2015
Pour Isabelle Olivier, ce fut le même engouement. Au volant de ma voiture, le paysage noir et glacé défilait, éclairé par mes phares et ceux de tous les autres véhicules. J’étais au chaud, détendue, à écouter des morceaux sonnant agréablement, harmonieusement ; d’autres surprenants, certes, mais pas agressifs. Le tout très onirique, incitant à la méditation. Il y a les chants d’oiseaux du début, pour mettre en condition. Plus loin la mer, les vagues, les goélands, des cris joyeux d’enfants… La pluie aussi, celle d’un orage, des sirènes d’ambulances, un feu qui crépite… J’apprendrai bientôt que "Don’t worry, be haRpy" s’inspire du roman d’Italo Calvino, "Le baron perché" (que je dois toujours lire, en voici l’occasion !). Il faut savoir aussi que le disque, instrumental, s’inscrit dans un cadre plus vaste de concerts, d’abord en formation réduite, puis avec quatre chanteurs, un chœur, entre sept et vingt musiciens, selon les dates. L’utilisation de la harpe est inventive, jeu classique en arpèges, grattements énergiques comme avec une guitare, effets de sons numériques… Isabelle Olivier réside actuellement à Chicago, où elle s’imprègne de la musique américaine. Son double album "Dodecasongs" est sorti en 2012, elle y est entourée d’artistes tels que David Linx, Didier Lockwood (ceux-là, je les connais), également Peter Erskine, David Binney, Eivind Opsvick, Louis Moutin… Ses prochains concerts, annoncés jusqu’en juin 2015, se passent entre Chicago et l’Île de France. Elle sera en mars (date à confirmer) au Festival de Jazz de Marne-la-Vallée, puis, début juillet, en résidence de création au château de Blandy-les-Tours : ces deux derniers lieux ne sont guère loin de chez moi !
https://fr-fr.facebook.com/isabelle.olivier.9440

Nouvelles fraîches du 8 mars 2015

Isabelle Olivier sera en concert : 

-Le samedi 28 mars à 20 h au Café de la Danse, Paris, pour présenter son nouveau CD "Don't worry, be haRpy"sorti fin janvier 2015.

Isabelle Olivier : Harpes et composition 
Marc Buronfosse : Contrebasse/ Basse 
Fabrice Moreau : Batterie/ Percussions 
Céline Grangey : Electronique 

-Et aussi, la veille, vendredi 27 mars à 20 h 30 à la Ferme du Buisson, Noisiel, dans le cadre du festival "Printemps de jazz". 
Elle sera accompagnée par les élèves du CRD (Conservatoire à Rayonnement Départemental).

La première partie sera assurée par l'atelier du CRD dirigé par Sylvain Del Campo.

À ne pas manquer !

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