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dimanche 17 janvier 2016

Erik Truffaz Quartet à la Caravelle de Meaux


C'est avec une joie immense que je me dirigeais vers la salle de concert de l'Espace Caravelle, ce vendredi 8 janvier 2016. Erik Truffaz Quartet, mon premier concert de l'année !

J'arrive tôt pour être bien placée, tout en bas, sur le premier fauteuil, en face de la scène. Les gradins sont pleins (le concert affiche complet) quand ça démarre, avec "Kudu" et "Fat City".

Le trompettiste salue son public, l'informe que le concert est enregistré pour une prochaine émission sur France Musique, que "Kudu" (composé en Afrique du Sud) et "Fat City" sont des titres de son nouvel album, "Doni Doni" (il sortira le 15 janvier 2016).

On enchaîne avec "Pacheco", "The Dawn", Szerelem"..., on est subjugué par le jeu subtil et foisonnant d'Arthur Hnatek (par ailleurs batteur de Tigran Hamasyan, rien que ça) qui a remplacé Marc Erbetta. Benoît Corboz se déchaîne aux claviers, du grand art comme toujours, Marcello Giuliani promène ses doigts avec dextérité sur sa basse mélodique et raffinée.

Erik Truffaz est zen, concentré, inspiré. Son jeu invite à la sérénité, à la méditation, au voyage. J'oublie le temps, tout à la musique, savourant les solos, balançant la tête, applaudissant, tapant des mains quand le trompettiste (il utilise aussi son bugle) engage le public à le faire.

Plus tard, il y aura "Seydou" (?),"Doni Doni" (petit à petit, en bambara, au Mali).., un rappel avec deux titres plus anciens, "Les gens du voyage" et "Lost in Bogota", sur l'album "In Between" (2010, déjà !).

Le saxophoniste Guillaume Perret est dans la salle et dès que les lumières se rallument, il fonce vers les loges, je me dis qu'une rencontre entre les musiciens est certainement prévue... J'en aurai la confirmation par une photo sur le Facebook d'Erik Truffaz, rassemblant le trompettiste, le saxophoniste, le bassiste et le batteur.

L'émission de France Musique enregistrée à Meaux peut s'écouter ici.

"Tout" au sujet d'Erik Truffaz sur ce blog, ici-même.

Puisque l'on est à parler jazz, signalons la sortie de deux disques que j'apprécie particulièrement, il s'agit de celui d'Anna Farrow (chant, composition, écriture des textes), "Days & Moods" (sortie le 15 janvier 2016) et celui du jeune saxophoniste Baptiste Herbin, en quintette et avec des invités de marque, "Interférences" (sortie le 22 janvier 2016).

"Days & Moods"
Denova Music /Ropeadope
La voix, sensible, expressive, rappelant celle de Beth Gibbons ou d'Alison Goldfrapp, me plaît d'emblée,  ainsi que le côté trip hop émanant de certains titres. C'est tout à la fois léger ou plus grave, joyeux ou plus mélancolique, selon le temps qu'il fait, les endroits, les humeurs... et les jours.
En concert le 28 janvier 2016 au Cri du Port à Marseille, au Sunside (Paris) le 4 février.

Baptiste Herbin
"Interférences"
Just Looking Productions / Harmonia Mundi
Un jeune qui en veut, au jeu de saxophone alto enlevé et luxuriant, des compositions aux rythmes afro, subtiles et raffinées. On se laisse porter d'un bout à l'autre des quatorze plages, jusqu'à ce fameux "Ask me now" (Thelonius Monk) en solo et ces "Interférences" pour conclure en beauté.
En concert les 19 et 20 février 2016 au Sunside (60 rue des Lombards, 75001).

Erik Truffaz Quartet à la Caravelle de Meaux
8 janvier 2016
(Erik Truffaz, Benoît Corboz, Marcello Giuliani, Arthur Hnatek)
Cliquer sur la première photo pour le diaporama.























mercredi 4 juin 2014

Erik Truffaz invite Rodolphe Burger

Il y a tout juste deux semaines, il faisait exactement le même temps qu'aujourd'hui, c'est-à-dire gris, orageux, pluvieux... L'annonce du concert sur Télérama m'avait donné envie de vivre l'événement parisien qui allait se dérouler dans le cadre du festival "Jazz à Saint-Germain-des-Prés" (du 15 au 25 mai 2014). Il aurait lieu le mercredi 21 mai dans l'amphi Binet de l'Université Paris Descartes, au 45 rue des Saints-Pères... Je viendrais bien avant l'heure, pour avoir une bonne place.
Je connais le trompettiste de jazz Erik Truffaz depuis le festival des 3 éléphants en 2007 (quand il se déroulait encore à Lassay-les-Châteaux début juillet) et Rodolphe Burger depuis bien plus longtemps. Je l'ai découvert en même temps que son groupe, Kat Onoma, en 1986... 
L'an dernier, à Reims, j'ai assisté avec Karine, et avec grand plaisir, à son concert de reprises du Velvet Underground. Il peut jouer n'importe quel style de musique, son jeu et le son de ses guitares sont aisément reconnaissables. Sa voix aussi !
En arrivant à 20 heures pour un concert prévu à 21 heures, je suis avec les premiers-premières dans la file d'attente. Je patiente en discutant avec la bibliothécaire de cette Université justement, qui accueille des étudiants en sciences et en médecine. Je perds de vue ma compagne au moment de l'ouverture des portes, elle guette son mari qui doit arriver d'un instant à l'autre. Chouette ! Il y a encore quelques places libres sur les strapontins, juste devant la scène... Je saisis la chance qui s'offre à moi.
Il faudra patienter jusqu'à presque 21 heures 30, le temps que le grand amphi se remplisse, et après... C'est parti pour un grand voyage musical, tout d'abord en compagnie du quartet d'Erik Truffaz avec des compositions des deux derniers albums : "In Between" et "El tiempo de la Revolucion". Le trompettiste jurassien, calme et stoïque, joue avec son souffle et les sonorités, Benoît Corboz (claviers, piano) se déchaîne sur ses instruments, Marcello Giuliani (basse) est comme toujours très concentré sur son jeu, Marc Erbetta (batterie) est jovial et assure de temps en temps les choeurs.
Le répertoire prend une autre tournure avec l'arrivée de Rodolphe Burger, très applaudi, qui apporte une teinte folk, blues, rock, nerveuse, venue du fond des âges. Le musicien alsacien avoue avoir été peu invité jusque là dans un festival de jazz. J'apprécie d'écouter "Que sera notre vie quand", un titre du dernier album de Kat Onoma (2001) plus que jamais d'actualité, et, plus tard, aux rappels, la reprise incroyable de "Billie Jean" de Michael Jackson, qui m'a donné envie de danser !
Malgré l'interdiction de prendre des photos (du moins avec flash), j'en ai pris quelques-unes (sans flash) que je partage ici.





mercredi 12 octobre 2011

Transistor 34


Ce numéro se préparait depuis le début de l'été : le voici enfin ! Au sommaire, des interviews, des chroniques, des dossiers, les infos musicales du département de la Seine-et-Marne et des voisins d'Île de France, les dates des concerts de toutes les salles du réseau Pince Oreilles...

Le Fil de l'Eau, de la Ferté-sous-Jouarre, sort son premier album "Aux jours après jours" : une bonne raison de le chroniquer, en attendant le concert du samedi 17 décembre à File 7 (21h) en première partie d'Oldelaf.

Ayant eu l'honneur du coup de coeur des chroniqueurs pour la troisième fois (précédemment : Gong Gong "Mary's Spring" et Holden "Fantomatisme") j'ai choisi "In Between" d'Erik Truffaz, que je présente ici dans une version plus longue et plus personnelle que celle qui figure dans le magazine.

Le Transistor 34 couvre la période d'octobre à décembre 2011. À se procurer dans sa version papier, à lire en ligne ou à télécharger... Rendez-vous en 2012 !

http://www.pinceoreilles.fr



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LE FIL DE L'EAU…
Aux jours après jours
CD 12 titres – L'arbre à Musique / Mosaic Music Distribution

La vie coule entre nos doigts, au jour le jour, jour après jour… Les chansons du Fil de l'Eau racontent le temps qui passe, les choses qui changent dans l'existence, à l'échelle de "L'épouvantail" saison après saison, ou du bonhomme de neige ("La plaine") fragile et éphémère… "Le chat noir" déplore sa couleur, "Les godasses" s'usent sur les chemins de la liberté, on sonde l'âme humaine dans de beaux textes comme "Les écorchés" ou "Le palier". Le Fil de l'Eau est désormais quatuor : la contrebasse rythme les guitares, se frotte au banjo, au cajon ou l'accordéon, aux chants des uns et des autres.





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ERIK TRUFFAZ QUARTET
In Between
CD 10 titres – Foufino Productions/EMI Music France

Écoutant peu de jazz, vibrant surtout aux guitares rock, aux synthés électro, aux chanteurs français…, je n'ai découvert que tardivement le trompettiste franco-suisse (né dans le pays de Gex). Son concert époustouflant au festival Les Trois Éléphants en 2007, m'a laissé des souvenirs impérissables. Un doux soleil couchant, des sensations de légèreté et de bien-être à l'écoute d'une musique généreuse, sensible, tout à coup "accessible". Après le triple "Rendez-vous" : "Paris", "Bénarès", "Mexico" (2008) aux sonorités cosmopolites, Erik Truffaz étonne et séduit avec l'envoûtant "In Between", son quatorzième album, sorti fin 2010. Si Marcello Giulani est toujours à la basse et Marc Erbetta à la batterie, Benoît Corboz (ex ingé son du groupe) officie maintenant aux claviers. Il en triture les sons à l'extrême, en joue furieusement, comme sur "Mechanic Cosmetic" ou "Lost in Bogota". Il y a ce "Let me go !" entêtant, la voix de Sophie Hunger que l'on retrouve plus loin sur "Dirge" de Bob Dylan… Et puis cette trompette, planante, ensorcelante, si proche, en accord avec son temps.


Les Cuizines ont accueilli Erik Truffaz Quartet le 16 mars 2011, pour un concert intimiste et chaleureux.

Lien vers le compte rendu et mes photos du concert aux Cuizines :

http://elsasong.blogspot.com/2011/04/trois-concerts-en-mars-33-erik-truffaz.html

Attention ! ! ! Prochain concert d'Erik Truffaz Quartet dans le 77 samedi 26 novembre 2011 à File 7 (21h).

lundi 4 avril 2011

Trois concerts en mars 3/3 Erik Truffaz + Oxyd



Après une période hivernale peu favorable aux sorties, j'enchaîne coup sur coup trois concerts inratables. Écoutant régulièrement la musique de ces artistes chez moi ou en voiture, je veux les voir jouer sur scène !

J'adore Bibi Tanga, j'ai une passion pour Elista, je m'intéresse depuis quelque temps à Erik Truffaz… Trois concerts, trois salles, trois compte rendus et des photos.
Erik Truffaz + Oxyd, les Cuizines, Chelles, 16 mars 2011

Quelle aubaine ! Écouter le trompettiste franco-suisse dans une petite salle de Seine-et-Marne à quinze minutes de chez moi alors que le concert de la Cigale, le 2 mars, affichait complet…

J'ai commencé à m'intéresser au jazz d'Erik Truffaz en 2008 avec le triple album "Paris, Bénarès, Mexico", en 2007 je l'avais découvert en concert au festival des 3 éléphants… Sa musique, éclectique, se nourrit de multiples influences. Sa démarche est intéressante, elle donne envie d'être curieux.

"In Between" arrive fin octobre 2010, avec ce "Let me go" entêtant et la voix de Sophie Hunger que l'on retrouve plus loin sur "Dirge" de Bob Dylan… C'est un album facilement accessible, extrêmement sensible, qui "colle" avec son temps.

On se laisse porter par les envolées gracieuses de la trompette, les vocalises insensées du Fender Rhodes (Benoît Corboz), la basse est parfaite (Marcello Giuliani), la batterie remarquable (Marc Erbetta). C'est jubilatoire de se sentir aimer le jazz, alors qu'on le trouve souvent hermétique.


En première partie aux Cuizines, ce mercredi 16 mars 2011 déjà printanier, les jeunes franciliens d'Oxyd se défendent pas mal avec un jazz fusion instinctif, volontairement lourd, appuyé, expérimental.


J'ai acheté l'album "Oblivious" (le deuxième en date) à l'issue de la soirée. En l'écoutant dans ma voiture, le matin, pour aller travailler, je pense parfois à Sixun mais en plus rugueux (il faut dire que mes références, en matière de jazz, sont limitées…).

C'est un quintet avec deux cuivres (trompette et saxophone ténor), un Fender Rhodes, une basse à six cordes et une batterie plutôt brute de décoffrage.

http://www.myspace.com/oxydquintet

Après un court entracte, le temps de faire le changement de matériel et d'instruments (le line up) et nous voilà tous les yeux rivés vers la scène, attendant impatiemment l'apparition du longiligne trompettiste aux yeux bleus et aux cheveux blancs.

Les musiciens qui l'accompagnent en quartet sont ceux de l'album. Il n'y a (malheureusement pas) Sophie Hunger mais l'artiste suisse Anna Aaron est très bien aussi, une belle présence sur scène pour la dernière partie de la soirée, juste avant les rappels…

http://www.myspace.com/annaaron
Erik Truffaz annonce les morceaux, fait des commentaires, s'adresse directement au public de sa voix simple et douce. La petite salle des Cuizines est remplie d'amateurs de jazz mais pas seulement.
En tout cas, tout le monde nage dans le bonheur d'écouter une si bonne musique, planante ou plus chaloupée. On ne se lasse pas des solos démentiels des claviers, de la basse dynamique et chantante, de cette batterie hypersensible, très expressive… Et puis la trompette (la la la trompette) grandiose, enveloppante…

Erik Truffaz, avec son ouverture d'esprit et son humanité, amène des gens vers le jazz qui sans lui n'y seraient peut-être pas allés. Franchement, chapeau !
Ses prochaines dates passent par la Hongrie, l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, les Pays-Bas, avec des retours en France, en province ou en banlieue, dans des salles comme La Nef à Angoulême ou Le Plan de Ris-Orangis. La prochaine date à Paris est le 4 novembre 2011, au Trianon.
Il se mitonne des choses appétissantes aux Cuizines d'avril à juin, Burning Heads, HK & Les Saltimbanks, Susheela Raman, Brigitte + Le Prince Miiaou…