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mercredi 18 novembre 2015

Longueur d'Ondes #76

Le numéro d'automne 2015 du "détonateur musical" Sur la même Longueur d'Ondes est paru dans sa version papier depuis un bon mois maintenant ! L'on peut aussi, bien sûr, le consulter en ligne et/ou le télécharger.
Si The Shoes, en couv, est actuellement très populaire, les pages "Découvertes" font un focus sur des artistes à suivre de près, comme KrisMenn & AleM ou La Bestiole
Les entrevues sont consacrées aux non moins populaires Feu! Chatterton, à Janice in the noise pour la sortie de son album "Electric", au rock belge de Roscoe, au rap aquatique d'Hippocampe Fou, à l'ovni Puts Marie, aux alternatifs Odezenne, au génial illuminé Thomas de Pourquery pour son projet VKNG, à un Abd Al Malik sombre et lucide, blessé dans sa chair, au flow radical, puissamment orchestré par l'électro percutante, tribale, de Laurent Garnier.
D'ailleurs, à ce propos, à voir absolument, les clips issus de son dernier album "Scarifications" (sorti le 6 novembre 2015), à commencer par "Daniel Darc", puis "Allogène" et, pour finir, "Tout de noir vêtu". Perso, j'en reste bouche bée. Le point de vue, dans tous les sens du terme, est saisissant.
Après un dossier consacré à la francophonie dans le monde, un autre au MaMa festival et un dernier à la musique malgache (rubrique Coulisses), place aux chroniques de disques (entre autres Hyphen Hyphen, le québécois Jean Leloup, Arman Méliès, Zone Libre) et de livres (la BD de Pénélope Bagieu consacrée à Cass Elliot, chanteuse plantureuse des Mamas & Papas, le deuxième tome du roman "Vernon Subutex" de Virginie Despentes...).
Ma contribution "papier" fut minime, avec une petite chro seulement (Mr. Crock : "Exotic Pilgrimage") publiée dans ce numéro 76. J'ai écrit également pour le site internet au sujet du nouveau LP de Debout sur le Zinc : "Eldorado(s)" et du concert d'Anne Cardona aux Trois Baudets.

Mes deux chroniques sont ci-dessous :



MAXIS, EP’S, 45 TOURS…
Sortie le 18 mai 2015
MR. CROCK
"Exotic Pilgrimage"
(Autoproduit)
Le quintet parisien, créé en 2010, revendique des influences multiples. Cela se vérifie dès le premier des cinq titres de ce troisième EP : après une intro vocale, débarque une basse résolument funk sur un tempo dance floor, chant et chœurs lorgnant vers la pop british. "En silence" est dans la lignée frenchy rock/new wave, les autres titres riches en claviers, en percus, en harmonies chatoyantes.


LP
Sortie le 25 septembre 2015
DEBOUT SUR LE ZINC
"Eldorado(s)"
(DSLZ)

Thomas a remplacé William à la basse et à la contrebasse, Marie est dorénavant aux guitares à la place de Christophe. Les autres (Romain, Simon, Olivier, Fred, Cédric) sont toujours là et prêts à en découdre, avec onze chansons au rythme soutenu, aux orchestrations soignées, aux textes bien ficelés, aux propos engagés. Édith Fambuena (Bashung, Daho, Miossec…) s’est chargée de la réalisation et Antoine Gaillet (Mademoiselle K, Julien Doré, M83…) du mixage. Le résultat, d’excellente facture, restitue l’énergie d’un enregistrement live, tout en équilibrant voix, chœurs, instruments, nuances de jeux, ajouts sonores (cris d’enfants dans "La relève"). Si des titres comme "Le train" ou "Le temps" ont un côté insouciant, d’autres, comme "Lampedusa" ou "La pleureuse", abordent des sujets d’actualité : la première sur le sort des migrants, la deuxième sur la condition féminine, pas toujours en progrès. Avec ce neuvième album intense et lumineux, le groupe francilien n’a pas dit son dernier mot !


mardi 27 octobre 2015

Anne Cardona aux Trois Baudets

Après le six titres « Je déteste le rose » d’AnneCardona (tout attaché) en 2007, l’album « Au jour la nuit » d’AnnCardona (tout attaché aussi) en 2009, l’EP « Hidden Garden » d’Orna Danecan en 2013, Anne Cardona (cette fois sous son vrai patronyme) poursuit son chemin créatif avec « Oiseau de nuit », aux dix titres enchanteurs et poétiques.
La sortie toute récente de l’album est célébrée aux Trois Baudets le mardi 29 septembre 2015, lors d’un triple plateau avec Irina-R puis Lull. La soirée continue avec Anne, tout en beauté, en quatuor et en chansons ; lesquelles, finement orchestrées, acoustiques, mélodiques ou plus électriques, séduisent un public attentif, réceptif, captivé.
La brune parisienne arrive dans sa petite robe blanche aux liserés noirs, les cheveux rassemblés en une queue de cheval tendance sixties, accompagnée de « sa » violoncelliste Chloé Boyaud, du batteur Nicolas Goussot et du guitariste Hugues Chauvin (déjà présent lors du concert du  16 juin 2015 à ACP La Manufacture Chanson.
Le temps, pour les artistes, de prendre possession de la scène, de se chauffer, de se détendre, et le concert prend son rythme de croisière, enchaînant harmonieusement les chansons tendrement rêveuses, en clair-obscur, d’« Oiseau de nuit » (« Pas nous », « L’homme de ma vie », « Où, quand, comment », « Ton corps », « Tuer le temps », « Ailleurs », « La poésie », « Oiseau de nuit »), l’inédit entraînant « Fée de la nuit », le titre folk « Don’t Look Back ». Le set, joliment mené, s’achève dans un silence recueilli, des émotions partagées, avec un « Au jour la nuit » intense et délicat.
Sûr, Anne Cardona, ne va pas en rester là, elle aime la scène ; après un nouveau concert parisien le jeudi 8 octobre au Pop Up du Label (en première partie de Great Lake Swimmers), il y aura des dates au Limonaire et en province, d’autres premières parties…

Afin de mieux la connaître et de l’apprécier, encore, davantage, laissons-la répondre à quelques questions :

Il t'a fallu du temps et de l'énergie avant que ton album « Oiseau de nuit » soit dans les bacs. Quelles ont été les différentes étapes ayant permis à ton projet d'aboutir ?
Oui, il m’a fallu du temps et une dépense d’énergie incroyable. Une persévérance dont je ne me croyais pas capable, un degré de modestie et d’abnégation au-delà du réel. Ce disque, enfin ces chansons, je les ai portées à bout de bras.
J’ai fait dans Paris des centaines de concerts, des résidences, dépensé des sous pour enregistrer des maquettes, imprimer et coller des affiches, convaincre des gens de se déplacer à mes concerts, frappé aux portes des maisons de disque, envoyé des centaines de mails. J’en passe et des meilleures.
Il y a eu les concerts à La Loge pendant un an, les cours au Studio des Variétés, la résidence aux ACP, la rencontre avec Bertrand Louis qui a réalisé mon EP en anglais, celle avec Michel Pampelune (Fargo) qui m’a conseillée artistiquement pour l’avancement de l’album, celle aussi avec Benoit Guivarch et Jean-Louis Piérot qui ont réalisé le disque, les demandes de subventions FCM et SPPF…, etc.
Les étapes, il y en a eu tellement, ce sont tellement des micro-événements qui font avancer les choses…

Peux-tu en dire tout de même un peu plus sur la genèse d’« Oiseau de nuit » ?
J’ai rencontré Michel Pampelune en allant dans sa boutique (Fargo), je lui ai proposé mon EP en anglais réalisé par Bertrand Louis. Il a flashé sur ma voix et mes mélodies, mais il est farouchement contre les Français qui chantent en anglais, lui-même ayant développé beaucoup d’artistes américains… Il m’a donc aiguillée vers le fait de ne faire un disque qu’en français.
J’ai recomposé plein de nouveaux titres, traduit des chansons car décidément j’en aimais trop les mélodies pour les laisser tomber, et j’ai gardé la substantifique moelle de tout ça, sous forme de dix titres que j’ai sélectionnés pour l’album.
Les séances d’enregistrement ont eu lieu en deux temps. D’abord dans le studio de Jean-Louis Piérot, ensuite dans celui de Nicolas Leroux (Overhead, un groupe que je vénère !) avec Benoit Guivarch.

Qu'est-ce qui t'a poussé à faire de la chanson ? Tu as toujours chanté ? Tu as toujours écrit et composé ? À quel moment de ta vie as-tu appris à jouer de la guitare ?
Ce qui m’a poussée à faire de la chanson c’était d’abord l’envie d’exposer des textes, des sentiments, des idées qui me semblaient partagées par la plupart des gens. J’ai toujours eu des mots qui se bousculaient dans ma tête sans oser écrire un livre et puis tout le monde se moquait de mes « poèmes » alors j’ai pensé que faire des chansons serait plus facile et ferait moins peur que des poèmes.
Je composais des mélodies au piano, j’ai commencé à les mélanger avec mes textes… La guitare, j’ai appris tard, au départ parce que j’avais du mal à trouver quelqu’un qui accepterait de m’accompagner dans n’importe quel café pour jouer ! Et aussi parce que ça me permettait de travailler mes chansons toute seule tous les jours, de travailler la mise en place rythmique. Après, j’ai découvert le plaisir de jouer et des horizons se sont ouverts en compo.

Comment naît l'inspiration, pour tes chansons ? D'abord le texte, puis la musique ? Ou le contraire ? Ou les deux ? Dans quelles conditions ?
Avant que je ne me mette à la guitare, c’était toujours d’abord le texte et puis maintenant ça dépend. L’inspiration vient toujours de sentiments qui me traversent à un moment donné. Ce n’est pas égocentrique, c’est au contraire que j’ai la sensation que ce qui me traverse est très banal, puisque tout le monde vit ce que je vis alors autant le partager !
Une idée de chanson pour moi, c’est tout le temps la nuit qu’elle arrive. En Guinée-Bissau, en Islande, au Cambodge et le plus souvent dans le 75018 au fond de mon lit !

Pour la mise en place des morceaux, les arrangements, comment ça se passe ? Travailles-tu en relation étroite avec Chloé Boyaud, "ta" violoncelliste ? Avec les deux autres membres de ton groupe ? Avec d'autres personnes ?
Les arrangements ont été élaborés avec différents musiciens avec qui j’ai eu l’occasion de travailler ces dernières années. Benoit Guivarch et Jean-Louis Piérot en ont fixé d’autres sur le disque et après nous avons, avec Chloé (cello) et Hugues (guitare), adapté le disque à la scène.
Hugues est une très chouette rencontre pour moi. Nous avons beaucoup de goûts communs et nous aimons les même guitares et sons de guitares. Je le trouve très sensible et très énergique en même temps.
La formule habituelle du groupe est le trio guitare/violoncelle/voix, mais nous pouvons jouer en duo juste Hugues et moi. Le 8 octobre, nous expérimentons avec Chloé pour la première partie du groupe canadien (que je vénère aussi !) Great Lake Swimmers, la formule duo guitare acoustique/voix et violoncelle. La batterie est un luxe qu’on s’offre sur les « grosses dates ».

Quelles sont les autres personnes qui ont été parties prenantes dans ton album ?
Eric Swanson (un joueur de pedal steel américain), le batteur Philippe Entressangle et le bassiste Marcello Guliani, Nicolas Leroux d’Overhead, le batteur Antoine Kerninon, autrement dit des musiciens de grand talent.
Enfin, l’illustratrice Peggy Moquay a mis un point final esthétique à ce disque en en réalisant la pochette, que je vous invite à découvrir, ainsi que le contenu musical, bien sûr !

Anne Cardona
« Oiseau de nuit »
Fargo/L’Autre Distribution
Sortie le 25 septembre 2015

Article écrit pour Longueur d’Ondes (site Internet) avec les photographies de Marylène Eytier
(http://www.longueurdondes.com/2015/10/08/anne-cardona)

Quelques photographies personnelles du concert d'Anne Cardona aux BBB :









dimanche 14 juin 2015

Interview intégrale de la Nébuleuse d'Hima

 
Le projet d’un article dans Longueur d’Ondes consacré à la Nébuleuse d’Hima s’est finalement concrétisé. Cela faisait un moment déjà que je suivais le collectif seine-et-marnais dans ses projets artistiques, ses créations musicales et visuelles, ses concerts. J’avais écrit plusieurs fois à son sujet dans le Transistor.
Alors voilà, c’était possible : un article "Découvertes" pour le #75 (printemps 2015). J’ai contacté par mail Céline Santin, administratrice dévouée et passionnée, je lui ai envoyé mes questions qu’elle a transmises à Faustine Berardo, une "Nébuleuse du collectif".
Cette dernière, que je remercie vivement, m’a répondu rapidement, car évidemment la "dead line" pour rendre mon article approchait à grands pas… Je publie ici l’interview complète, qui a servi de base à l’écriture de mon "papier".
Interview intégrale du collectif de La Nébuleuse d’Hima pour un article "Découvertes" dans le numéro 75 de Longueur d’Ondes, avril 2015

Le 28 mars 2015

Bonjour, la Nébuleuse !

1) Quand et comment a germé cette idée du collectif ?
En 2011, la première étape a été de réunir des artistes de tout bord. L'idée d'un collectif musical et visuel est apparue de là, avec l'envie de créer, autour des mots et des différentes interprétations artistiques que l'on peut en faire, selon l'art dans lequel chacun évolue. 

2) À quelle occasion avez-vous fait votre premier concert ?
3) Y avait-il déjà des décors, un thème ?
C’était en avril 2012, au Pub ADK (Roissy-en-Brie), notre QG ! Nous avons d'abord présenté la musique, mais nous travaillions déjà sur le reste, sous-marin.

4) Lorsque le Tome 1 est paru, travailliez-vous déjà sur le projet du Tome 2 ?
Oui, car des titres du Tome 2 sont joués depuis le premier concert. Nous avons ensuite rebondi surtout sur de nouvelles formes comme les invasions de lieux, etc.

5) Ce n’est pas si long, finalement, trois ans entre deux projets, car produire un livre CD avec des illustrations et des photos spécialement conçues en fonction des chansons, cela doit prendre du temps ?
6) Et aussi de l’énergie ?
Ça demande surtout de l'organisation, car nous sommes plus d’une vingtaine et les Nébuleux ont une vie artistique bien remplie ! Mais bizarrement, ça rend cette organisation assez facile. Tout se construit comme un puzzle, selon les besoins et les disponibilités de tous.

7) Parvenez-vous à réunir tous les membres du collectif en même temps ? Surtout quand il s’agit de préparer une soirée comme celle du Pub ADK (31 octobre 2014), ou la release party à Petit Bain (22 janvier 2015) ?
C'est très très compliqué, en effet ! Mais chaque Nébuleux n'agit pas sur les mêmes choses que son voisin et tout est prévu à l'avance. Tous les artistes travaillent sur ces soirées, sans être forcément présents le soir même. L'important est que la "touch" de chacun soit présente !

8) Et ce concert (auquel je n’ai malheureusement pas pu venir) aux Cuizines de Chelles le 13 mars, comment s’est-il passé pour vous ? Vous avez également inauguré une exposition dans le hall des Cuizines ?
Ça ne pouvait pas mal se passer ! Nous nous y sommes rencontrés, pour la plupart, il y a des années ! C'était un retour à la maison, avec Aqme mais surtout les Dirty BastarZ, dont deux Nébuleux, BRO'LEE et Doc Kéro font partie. L'exposition a beaucoup plu, et nous avons travaillé sur un nouvel espace d'expression libre : une micro-invasion Phosphomaton !

9) Avez-vous déjà des idées en vue d’un Tome 3 ?
Pas encore ! Une fois un Tome sorti, on prend un peu de recul et de "vacances", on part se nourrir sur d'autres projets, pour mieux revenir sur la création du prochain. À chaque fois, on repart de zéro, donc pour le moment, on se concentre surtout sur la vie du Tome 2 !

10) Avez-vous d’autres projets, communs ou plus individuels pour 2015 et les années à venir ?
Comme je le disais, les Nébuleux sont très actifs! Tous nos projets parallèles sont dans nos bios sur le site du collectif ! Il y a beaucoup d'actualités, allez les découvrir !

11) Quelque chose d’important à rajouter, à publier à tout prix ?

Un grand merci à l'Himasphère, qui grandit un peu plus chaque jour, et devient de plus en plus "actrice" de cet univers !

dimanche 10 mai 2015

Longueur d'Ondes #75

C'est Jeanne Added en couverture (dont je suis en train de découvrir des extraits de l'album "Be Sensational" à paraître en juin 2015) et son interview à l'intérieur ; également celles de Jean-Louis Cormier, Faada Freddy, Pungle Lions, Fancy, Audriel, Babx, rien que ça ! 
Il y a un article de fond sur les festivals, les conséquences des baisses de subventions, avec pour perspective de disparaître ou de trouver de l'argent d'une autre façon...
Il y en a un aussi sur une toute jeune usine de pressage de disques vinyles, et comme toujours des chroniques, de disques mais aussi de livres. 
Voilà encore un bon numéro de LO, disponible depuis fin avril 2015 et sorti spécialement pour le Printemps de Bourges.
Dans ces pages fournies et instructives, je n'aurai eu de publié, pour ce #75, que mon interview du collectif La Nébuleuse d'Hima, ce qui n'est déjà pas si mal ! 
J'avais aussi écrit deux chroniques (Fanch et Sinsémilia), destinées au site Web du magazine. Je les publie ci-dessous.

"Découvertes"
Nombre de caractères, espaces compris : 2000

La Nébuleuse d’Hima

Des têtes dans les étoiles

La formation seine-et-marnaise ne se résume pas à cinq musiciens, elle s’inscrit dans le cadre plus large d’un collectif artistique regroupant plus de vingt personnes. Le projet de réunir des artistes de tout bord a germé en 2011. "L'idée d'un collectif musical et visuel est apparue de là, avec l'envie de créer, autour des mots et des différentes interprétations que l'on peut en faire, selon l'art dans lequel chacun évolue" explique Faustine Berardo, chanteuse et musicienne, ex-Munshy, auteur des textes, également danseuse et comédienne. Il y a d’abord eu des concerts, évoluant vers de véritables spectacles, avec un travail sur les décors, sur les lumières ; puis les invasions de lieux, comme dernièrement le Pub ADK à Roissy-en-Brie (le QG de la Nébuleuse), le Petit Bain parisien ou les Cuizines de Chelles. Comment ce genre d’événement se construit-il ? Faustine répond : "Chaque Nébuleux n'agit pas sur les mêmes choses que son voisin et tout est prévu à l'avance. Tous les artistes travaillent sur ces soirées, sans être forcément là le soir même. L'important est que la "touch" de chacun soit présente !" La création musicale de la Nébuleuse d’Hima donne lieu à la réalisation de beaux livres CD contenant des photographies, des illustrations, des créations graphiques spécialement conçues. Le Tome 1 est paru en 2012, le Tome 2 en janvier 2015. Mener à bien de tels projets "ça demande surtout de l'organisation, car tous les Nébuleux ont une vie artistique bien remplie ! Mais bizarrement, c’est assez facile. Tout se construit comme un puzzle, selon les besoins et les disponibilités de tous." Dans ce Tome 2 de format carré, chaque texte a sa représentation visuelle avec une dimension esthétique, sensible, onirique. Les six compositions mêlent âprement le metal, le hip hop, les scratches, le rock, la valse, le cabaret. Le mot de la fin est pour Faustine: "Un grand merci à l'Himasphère qui grandit un peu plus chaque jour et devient de plus en plus "actrice" de cet univers !"

SINSÉMILIA
"Un autre monde est possible"
Soulbeats Records
Sortie le 24 mars 2015
Qui ne connaît pas la chanson généreuse et humaniste "Tout le bonheur du monde" ayant propulsé, en 2004, les Grenoblois sur les devants de scène et révélant, si on ne le savait déjà, que le reggae pouvait s’allier à de bonnes paroles en français ? Vingt-cinq ans de carrière sont évoqués dans le percutant "Flashback" en ouverture d’album. Ils sont là, bien décidés à en découdre, ceux à qui on ne la fait pas, ceux qui ont joué en un quart de siècle dans des milliers de salles et de festivals… Sinsémilia a la pèche plus que jamais, les "good vibes" et une section cuivres remarquable. Il y a une grandeur et une profondeur d’âme dans ces textes qui n’ignorent pas que le monde va mal, comment faire autrement, mais qui proposent des alternatives. Il faut toujours garder espoir. Sur les dix titres l’on reconnaît des invités de marque, entre autres Tiken Jah Fakoly, Komlan et Bouchkour de Dub Inc, Bakil de Danakil, autres fleurons du reggae français. La longue tournée de Sinsé commence bientôt !

FANCH
"Le fruit du hasard"
Microcultures
Sortie le 9 mars 2015
François Le Bagousse est né en Bretagne, Fanch est son prénom en breton. Il commence à chanter sur ses terres d’origine en 1997, il a vingt ans. Il entame alors une belle carrière solo. Son premier album "T’es rien tout seul" sort en 1999, l’EP "Carmen" en 2001 puis  "De justesse", deuxième album, en 2004. Fanch fonde, en 2005, le groupe Amédée Colère. En 2010, c’est "Le tour de Fanch", l’EP 5 titres autoproduit "Où aller", et la résolution de l’artiste à s’engager dans une optique pure chanson rock, avec une formation guitare, basse, batterie. "Le fruit du hasard" est enregistré en 2013, s’en suit une campagne de financement participatif via le label Microcultures… L’album sort le 9 mars 2015. Il enchantera les souscripteurs et tous les autres, amateurs de beaux textes et d’énergie électrique. Ce sont douze titres à la fois nerveux et poétiques, tendres et mélodiques, sombres ou humoristiques. Qu’il est agréable d’écouter du bon rock, des paroles efficaces, des refrains accrocheurs !

samedi 14 février 2015

Longueur d'Ondes #74

Le numéro d'hiver 2015 du désormais trimestriel Sur la même Longueur d'Ondes est paru, on peut le feuilleter en suivant ce lien.

Mes six dernières chroniques écrites pour le magazine et/ou son site Internet sont présentées ici, selon l'ordre chronologique de la date de sortie des albums.

-NADA ROOTS : "A.K.A. Nada Roots", Autoproduit
-VINCENT VINCENT : "Abat-jour", Autoproduit
-BENJAMIN FINCHER : "Kamishibai", Pacinist / Modulor
-IBRAHIM MAALOUF & OXMO PUCCINO : "Au pays d’Alice…", IDOL / Digital
-MANU GALURE : "Que de la pluie", Bacchanales Productions
-ROBI : "La cavale", AT(h)OME

BRUITAGE (1000 caractères)
Sortie le 1er octobre 2014
NADA ROOTS
"A.K.A. Nada Roots"
Autoproduit
L’album "Superstar" (2008) et ses onze chansons ayant pour héros un jeune Réunionnais parti vivre en métropole, a donné lieu à une tournée de trois ans en France, en Italie, en Belgique, à la Réunion… Une pause s’imposait, mais peu à peu de nouvelles compositions ont vu le jour. En voici neuf réunies ici, écrites et interprétées par Daniel Gigant, A.K.A. (As Known As) Nada Roots. Si "Henri" (un gars gravement porté sur l’alcool) est dans le pur jus du reggae, "Zamal" (paroles et musique de Frédéric Joron) trempe dans celui du maloya (musique traditionnelle réunionnaise) rythmé par le kayamb (deux panneaux en tiges de fleurs de canne à sucre à l’intérieur desquels s’agitent de petites graines) et son chant en créole. "L’amer" (1 et 2) est dans le même esprit, "Epreuves et sentiments" un hommage au Général Alcazar (Patrick Chenière) mort fin 2013. Emeline Potonié apporte sa féminité et ses claviers sur deux titres, il y a de l’âpreté dans "Jeunesse formidable", de la poésie dans "Pluie".

MAXIS (400 caractères)
Sortie le 14 octobre 2014
VINCENT VINCENT 
"Abat-jour"
Autoproduit
Vincent diffuse ses œuvres atypiques, comme bon lui semble, au fil des ans. Souvenez-vous de "Demi-deuil", "Stéréotypie", "Solol". Sa démarche est très personnelle, nourrie d’expériences, de pérégrinations en France ou ailleurs. "Abat-jour", démo réalisée en solo à Besançon, est dans le style "chanson élégiaco-surréaliste". L’on se doit d’écouter "Like" puis d’enchaîner sur les cinq autres titres.

BRUITAGE (1000 caractères)
Sortie le 20 octobre 2014
BENJAMIN FINCHER
"Kamishibai"
Pacinist / Modulor
En introduction, des voix masculines et féminines chantent "We always run", leur écho est comme suspendu. Une nappe de synthé aérienne, un clavier sautillant, puis le rythme s’installe, soutenu par de plus gros sons. Les voix répètent la même phrase en boucle, le rythme s’emballe puis décroit, laissant place au jeu aiguisé des violons, jusqu’à la conclusion. C’est court mais efficace. "Go outside" garde le rythme, met les voix en valeur, celle qui chante en solo et les chœurs, légers et harmonieux. La course s’accélère, dans un tourbillon de sons électroniques joyeux et facétieux, s’affole, s’assagit… Les onze compositions du Niçois Benjamin Fincher sont ciselées à la perfection, autant vocales, symphoniques, électroniques, pop, post-rock…, et jouent sur les émotions. Chacune propose une perspective inédite, crée la surprise à la façon du théâtre en papier japonais, dont les images se superposent au fur et à mesure de l’avancée du conte. Ce "Kamishibai" musical est un pur chef d’œuvre.

BRUITAGE (1000 caractères)
Sortie le 4 novembre 2014
IBRAHIM MAALOUF & OXMO PUCCINO
"Au pays d’Alice…"
IDOL / Digital
Ces deux-là se connaissent bien, s’apprécient, se complètent, travaillent ensemble… L’on se souvient dans "Diagnostic" d’Ibrahim Maalouf, de ce joyau qu’est "Douce", alliant grâce et sensibilité, la trompette orientale accompagnant la voix singulière d’Oxmo Puccino sur un texte tout en nuances. "Au pays d’Alice…" constitue un projet de grande ampleur, très ambitieux, à la hauteur, et même plus, du roman de Lewis Carroll dont il s’inspire, allant jusqu’à en respecter les douze chapitres. Après une introduction d’une beauté à couper le souffle, avec chorale d’enfants et orchestre classique, voici les aventures d’Alice, revues et magnifiées par des textes foisonnant de détails et d’idées. Tout l’univers fantasmagorique est là, le Lapin Blanc, la chute d’Alice, les situations absurdes qui en découlent, les personnages abracadabrants, les non-sens et les jeux de mots, jusqu’au procès final. Deux interludes ajoutent encore à la densité dramatique et féerique de cette création exceptionnelle.

BRUITAGE (1000 caractères)
Sortie le 10 novembre 2014
MANU GALURE
"Que de la pluie"
Bacchanales Productions
"Maman", qui ouvre l’album du Toulousain, est l’autoportrait, non pas d’une mère, mais de celui de l’un de ses rejetons, petit monstre aux pouvoirs destructeurs qui à chaque nouvelle bêtise se fait cruellement punir par ses parents… "Et quand je ne suis pas sage, maman, fait bouillir de l’eau et met mes pieds dedans." Il y a un peu de l’univers fantastique de Thomas Fersen, la fantaisie bohème de Jacques Higelin, le music-hall onirique de Charles Trenet. "Boum", avec la voix samplée du chanteur disparu, est un hommage explicite, très réussi. Le conte des "Trois petits cochons" est joliment remis au goût du jour, la poésie est fine et tendre dans "Flamant rose", le rythme se fait bossa sur "Je serais perdu", avec son chouette refrain : "Je serais perdu si tu ne me trouvais pas… comme il faut." "Je vais me refaire" est dans la même veine, mais en plus trash… Bacchanales Productions édite aussi les albums de Gilles Roucaute et Nicolas Bacchus, les livres de Marie Surgers ou Claude Astier.

BRUITAGE (1000 caractères)
Sortie le 26 janvier 2015
ROBI
"La cavale"
AT(h)OME
Son premier album, "L’hiver et la joie", lui a permis d’obtenir le Prix du jury Georges Moustaki, début 2014. Sa prestation charismatique avait alors beaucoup impressionné. Le projet du deuxième album s’est concrétisé, il était attendu, il est à la hauteur des espérances. Si les compositions réservent une place de choix à la basse percutante et aux froides sonorités électroniques, ce qui forge l’identité de ROBI, il y aussi des titres plus intimistes, comme "Être là" (avec tout de même une intro aux basses bien appuyées) ou ce "Chaos" au trip hop saisissant. Le chant de Chloé est envoûtant, mélodique, théâtral, sublimant des textes aiguisés, au tranchant net. Il y a la lenteur grave de "L’éternité", les tressautements répétitifs de "Devenir fou", la danse 80’s de "Nuit de fête", la pop énergique d’"À cet endroit", la sensualité  lancinante de "Je m’appelle "… L’album tient en haleine jusqu’à une "Cavale" hypnotique, cette montée en puissance, cette ambiance western, justement suggérée.