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samedi 13 décembre 2014

4e Prix Georges Moustaki

Trois concerts pour LO (2014) : 1/3
QU’EST-CE QUE C’EST ?                              
Le Prix Georges Moustaki, créé en 2010, récompense l’artiste d’expression francophone indépendant et/ou autoproduit de l’année, de tout style musical. C’est la quatrième édition, et la première sans Georges Moustaki, décédé le 23 mai 2013 à l’âge de 79 ans. La manifestation a eu lieu le 27 février 2014, dans l’amphi Paris-Sorbonne, au 108 boulevard Malesherbes.

QUI DÉCERNE LE PRIX ?
Il y a le prix du jury, composé d’une trentaine de professionnels du monde de la musique, et le prix du public, dont les suffrages proviennent à 70% des spectateurs présents dans l’amphi et à 30% des personnes ayant voté par Internet.

QUE GAGNENT LES ARTISTES RÉCOMPENSÉS ?
Il n’y a pas d’argent en jeu, simplement (et c’est déjà beaucoup) une reconnaissance, une promotion, une mise en lumière de l’artiste relayée par les médias. Quelque part, les sept finalistes « ont déjà gagné », ce qui nous vaut leur présence ce soir, après une sélection ardue sur 200 candidats.

QUI SONT LES PRÉSENTATEURS DE LA SOIRÉE ?
Ce sont les deux fondateurs du prix, Thierry Cadet (Horscène, Télé Melody) et Matthias Vincenot (Poésie et Chanson Sorbonne, festival Découvrir de Concèze). Impliqués, motivés, ils insufflent leur passion tout au long de la soirée. Pour l’interview des artistes, après leur prestation, Thierry Cadet s’adjoint les services de François Alquier, responsable du  blog « Les chroniques de Mandor ».

COMMENT SE DÉROULE LA SÉLECTION ?
Les sept finalistes se produisent chacun leur tour dans l’ordre alphabétique. Ils jouent deux titres puis sont interviewés pendant le changement de plateau. L’ambiance est détendue, bon enfant. Quand tous les artistes ont joué, les spectateurs sont invités à voter en entourant, sur le petit papier qui leur a été remis à l’entrée, le nom de leur artiste préféré. Puis le jury quitte l’amphi pour délibérer. En attendant les résultats, le président du jury et le parrain de la promotion 2014 (des artistes professionnels, passés eux-mêmes par les réseaux indépendants à un moment ou à un autre de leur carrière) montent sur scène pour interpréter trois titres de leur répertoire.

QUI EST LE PRÉSIDENT DU JURY 2014 ?
Il s’agit d’une présidente, Clarika, qui a fêté en 2013 ses vingt ans de carrière ! Son dernier album, « La tournure des choses », est sorti en janvier de l’année dernière. Souvenons-nous, son premier album, « J’attendrai pas cent ans », a été édité par le label indépendant de François Hadji-Lazaro, Boucherie Productions. Ce fut pour elle une sacrée chance pour lancer sa carrière.

QUI EST LE PARRAIN DE LA PROMOTION 2014 ?
C’est Cyril Mokaiesh, remarqué en 2010 à l’occasion de la sortie de son single « Communiste » puis de son EP (qui deviendra un LP) « Du rouge et des passions ». Le deuxième, « L’amour qui s’invente », sortira en mai 2014.

QUELS SONT LES SEPT FINALISTES DU PRIX GEORGES MOUSTAKI 2014 ?
Sur les vingt demi-finalistes, le jury a finalement retenu : Simon Autain, Bat Point G, Lili Cros et Thierry Chazelle, Govrache, Sophie Maurin, Robi, Tristen.

QUI SONT CES ARTISTES, EN QUELQUES MOTS ?
-Simon Autain est seul au piano, romantique, rimbaldien, et « pressé d’être vieux ». Il a 25 ans, a commencé sa carrière musicale à 16 ans comme guitariste dans un groupe de metal. Ses textes sont imprégnés de « choses de la vie dont il est important de parler ». Auteur d’un EP, il finalise actuellement son premier album.

-Bat Point G, accompagné d’un batteur, joue de l’accordéon, met en place des boucles par l’usage de pédales de samples, parle plus qu’il ne chante, de façon très convaincante. Il veut « en découdre avec le style » et considère son accordéon comme « le troisième poumon du groupe ». Il a un EP à son actif, « L’homme akkordéon », et le LP « Juste une note » (avril 2013).

-Lili Cros et Thierry Chazelle forment un couple à la scène comme à la ville. Elle est à la basse acoustique, à la grosse caisse ou au tambourin, il est à la guitare ou à la mandoline. Ils chantent tous les deux, s’accompagnent l’un l’autre avec humour et bonne humeur, que ce soit avec une chanson française en anglais « I am a dog » ou celle qui donne le titre à leur deuxième album en commun : « Tout va bien ». Le premier se nomme  « Voyager léger ».

-Govrache, avec sa casquette vissée sur la tête, émeut le public avec deux textes au réalisme dur et froid, dénonciateurs : « L’homme trottoir » et « Le bleu de travail ». Il est passé de la chanson au slam, et c’est plutôt réussi. Il est entouré d’un pianiste, d’un contrebassiste et d’une violoncelliste ; lui-même joue de la guitare. L’EP « Le bleu de travail » est sorti en novembre 2013, le LP est attendu pour début 2015. 

-Sophie Maurin joue du piano debout, en trio (violoncelle, batterie ou clarinette), s’amuse avec une paire de ciseaux ou sur un texte de Jacques Prévert dont elle a rajouté  un refrain (« Les ciseaux », « Cortège »). C’est frais, pétillant, harmonieux. Coup de cœur de l’Académie Charles Cros 2013, elle a eu récemment l’honneur de jouer en première partie de Jamie Cullum (qui l’accompagne sur « Far away »). Son album éponyme est paru en mai 2013.

-Robi a enregistré un premier album, « L’hiver et la joie », en 2013, après un EP en 2011. C’est « la plus rock’n’roll » des finalistes. Petite jeune femme mince, aux cheveux longs tirant sur le roux, elle chante et danse, accompagnée par une basse ou un clavier, une caisse claire et/ou une boîte à rythmes. Ses textes épurés, ses mots scandés, répétés, font de l’effet, que ce soit avec « Belle et bien » ou « On ne meurt plus d’amour ».

-Tristen clôt ce mini-festival riche, éclectique, avec ses chansons surréalistes et pleines de charme, « Le lustre » puis « Laisse pleurer les hommes », toutes deux présentes sur son deuxième album : « Mars en marche » (septembre 2013). Le jeune multi-instrumentiste (ici à la guitare acoustique et au chant) se produit en quatuor, avec un batteur, un guitariste électrique, une claviériste ; tous trois assurant les chœurs.

QUI A GAGNÉ LE PRIX DU PUBLIC ?
Sans ambiguïté, Govrache décroche la majorité des votes, c’est une belle récompense ! Le groupe remercie chaudement le public qui l’a choisi et l’engage à venir à ses prochains concerts.

QUI A GAGNÉ LE PRIX DU JURY ?
À l’unanimité, c’est Robi qui remporte le prix, elle qui n’a jamais rien gagné jusqu’à présent ! « Ma fille va être contente ! » déclare-elle, très spontanée, visiblement joyeuse.

ET L’ANNÉE PROCHAINE ?
Nous reviendrons assurément, pour la cinquième édition !


Retrouvez toutes les photos du 4e Prix Georges Moustaki de Marylène Eytier sur le site de Longueur d’Ondes.


Clarika
Cyril Mokaiesh
Govrache
Robi

Winston McAnuff & Fixi à File 7

Trois concerts pour LO (2014) : 2/3
L’album « A New Day » réunissant les deux compères (le plus français de tous les Jamaïcains et l’extraordinaire accordéoniste du groupe Java) est sorti fin septembre 2013. Il fut précédé et suivi de nombreux concerts prodigieux en Île de France et en province. La tournée reprend en cette fin d’hiver, avec une première date le 7 mars 2014 à File 7, salle renommée dédiée aux musiques actuelles, à Magny-le-Hongre en Seine-et-Marne.

Irie Blessed Youth, IBY pour les intimes, ouvre agréablement la soirée avec un reggae original, acoustique et vocal. Dans ce quatuor, un contrebassiste est aux commandes tandis que les trois autres membres, chanteurs, sont tour à tour en voix principale ou aux chœurs, ou encore à la guitare ou aux percussions. Leurs compositions personnelles, roots 70’s, ainsi qu’un tribute à Bob Marley, enchantent véritablement le public.

La salle est remplie et chauffée à bloc quand l’homme aux dreadlocks poivre et sel et son jeune acolyte fougueux font leur apparition, accompagnés par Markus, human beat box (boîte à rythmes humaine), également aux percussions et aux samplers. Les deux premiers titres sont au piano (« If you look », « Heart of gold »). Fixi s’est laissé pousser les cheveux et ne porte pas sa casquette légendaire ; par contre, Markus en a une ! Winston McAnuff est vêtu de cuir, pantalon et gilet, d’une chemise blanche, de chaussures blanches avec lesquelles il frappe vigoureusement le plancher de la scène. Il arbore un collier pour le moins étonnant (enfin, pas tant que ça, si l’on connaît un peu le personnage !) fait de feuilles de ganja reliées ensemble. C’est très seyant !

Les morceaux suivants, issus de l’album « A New Day », sont joués à l’accordéon : « Don’t give up », « Coconuts », empreints de maloya (musique traditionnelle de la Réunion), destiné à faire descendre les esprits sur le public… « Rock soul » figure sur l’album « Paris Rockin’ » ainsi que « Ras Child ». Il y ces chansons poignantes et magnifiques : « What dem say », « Let him go », « Johnny », sonnant le blues, la soul. « Garden of love » est repris en chœur par le public, qui danse joyeusement sur « One two three ». Les titres « Strange » et « Things happen », joués au cours du set, ne figurent sur aucun des deux albums. Sont-ce des inédits ? Des compositions plus anciennes de Winston ?

Après une courte sortie de scène, le trio revient pour un « New day » épuré, puis de « You and I » et du medley « Roll with me » suivi d’une performance de Fixi à l’accordéon, montrant tout son plaisir à jouer et sa capacité à donner une âme à son instrument. C’est grandiose.

La magie des petites salles, c’est que l’on peut y rester à discuter après le concert, que l’on est pas obligé de gagner rapidement la sortie et de se retrouver dehors sans avoir pris le temps de « redescendre » après un excellent concert. La magie des petites salles, c’est de voir arriver Winston McAnuff au bar, de le regarder se prêter au jeu des autographes et des photos avec ses fans, qui repartiront comblés, des petites étoiles dans les yeux.

Retrouvez les photos du concert de Winston McAnuff & Fixi à File 7 de Marylène Eytier sur le site de Longueur d’Ondes.

samedi 29 novembre 2014

Chémempa aux Cuizines

En 2008, il y a eu « Mollo sur le destroy » et son rutilant combi 70’s. Le 22 novembre 2014, c’était la sortie de « Blanc comme neige » avec son gros point d’interrogation multicolore. Ce soir-là, Chémempa se produisait aux Cuizines de Chelles pour présenter les dix chansons reggae rock de son nouvel album (et de plus anciennes), entouré d’invités surprise.

Le concert a lieu dans le cadre plus large de la Semaine de la solidarité internationale, organisée notamment par l’ASAF (Association Solidarité Afrique France) qui mène de nombreuses actions à Chelles et au Sénégal. L’après-midi, dès 16 heures, s’ouvre, dans les locaux des Cuizines, un village associatif ayant pour visée les contacts et les échanges entre le public et les bénévoles œuvrant dans le domaine de la solidarité internationale. L’on peut boire du thé à la menthe, déguster des gâteaux, grignoter un sandwich…

J’arrive aux alentours de 19 heures, munie de fournitures scolaires (stylos, crayons à papier, cahiers) pour en faire don à l’ASAF qui les enverra aux écoliers du Sénégal. C’est le principe de la soirée : une fourniture scolaire = une entrée au concert de Chémempa.

Nyko, le chanteur, guitariste et percussionniste, trouve cinq petites minutes pour me parler, entre son retour du restau et son entrée en scène. C’est une belle opportunité pour le groupe, au vu des idées de tolérance et d’humanité véhiculées dans les textes de « Blanc comme neige », que de coupler sa « release party » à  la manifestation « Chelles ose la solidarité ». Le concert mettra aussi en lumière le travail réalisé par une chorale, dans le cadre d’ateliers chant menés par les musiciens de Chémempa, en partenariat avec les Espaces socioculturels Hubertine Auclert et les Coudreaux.

Ça commence à 20 heures 30 précises ! Le public est composé de jeunes, d’adultes, mais aussi de nombreux enfants, de tous petits, même, avec un casque de protection sur les oreilles. Juste avant l’arrivée des musiciens, Hélène Rusterucci, dans son personnage d’Urga (du spectacle « Serial Tulleuses » joué actuellement au Théâtre de Dix Heures), est venue chauffer la salle.

Sur scène il y a Nyko, bien sûr, Yohanna à la flûte traversière et aux chœurs, Jérôme à la batterie, Guillaume à la guitare, Cyril à la basse et, pour remplacer Christophe, Lionel au clavier. Le premier invité est Fabrice, à la clarinette, ancien membre de Chémempa maintenant chargé de la diffusion et des relations presse pour deux compagnies théâtrales (dont celle d’Hélène citée plus haut, la Cie Canon) au sein de l’association Koudju. D'ailleurs, c'est Koudju qui manage Chémempa !

Puis c’est au tour de Marie-Reine et de trois petites filles ayant participé aux ateliers chant de jouer de leurs jolies voix, mêlées à celles de Nyko et de Yohanna. Suivront le chanteur Harold s’engageant dans une joute vocale serrée avec Nyko et le public, les saxophonistes Xavier (Jim Murple Memorial) et Rémi (Les Singes Verts), Marion, Mélody et Mathis du groupe « vocal trip box » Ommm.

Tout le monde a les yeux qui brillent et les sourires éclairent les visages ; le public est à l’image de ce que revendique Nyko dans « Blanc comme neige » : « Oh je veux des couleurs de pays, oh qu’elles jaillissent à leur guise, oh que le feu aujourd’hui, oh à jamais agonise. »

C’est déjà la fin ? Ah mais oui, il y a quand même eu presque deux belles heures de concert ! Si l’on veut continuer à danser et à chanter à la maison, l’on peut se procurer l’album, tout beau tout chaud ! Et aussi un tee-shirt, et des autocollants !

Je reste un peu après, j’interroge Fabrice au sujet de ses activités chez Koudju, puis je regagne la sortie avec Marie-Renée, je lui ai proposé de la raccompagner chez elle, en voiture, à Chantereine. Les personnes avec lesquelles elle est venue ne l’ont pas attendue pour le retour ! Elle me parle de sa forte implication comme bénévole, au centre social de son quartier. Je lui dis que bientôt, pour mon blog, j’écrirai un article sur cette soirée musicale chaleureuse et solidaire, que je mettrai des photos, qu’il y en aura d’elle, sur scène, en train de chanter. Voilà qui est fait !

Pour (re)lire la chronique de « Mollo sur le destroy » que j’avais écrite pour le numéro 43 (mars 2008) du magazine Sur la même Longueur d’Ondes, cliquer ici.

En décembre 2005, j’étais allée au festival Watts Up, organisé par le réseau Pince Oreilles. J’y avais découvert et tout de suite fortement apprécié Chémempa, qui à l’époque s'écrivait Che’Mempa. Pour un bond de neuf ans en arrière, cliquer .