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samedi 20 décembre 2014

Traces de pas

En souvenir de Karim Sahnoune, frère de Yasmina, décédé le 13 décembre 2014 à l’âge de 50 ans. Oui, la vie ne tient qu’à un fil…

Traces de pas

Je veux semer
Pas me cloner
Laisser des traces
Oui, le temps passe
J’veux qu’mes lascars
Prennent la relève
Soient pas hagards
Quand le vent se lève
Au quart de tour
Y feront le tour
Du monde, la vie
Auront envie
De voir les étoiles
Tisser leurs toiles
Pour protéger
Tous les esprits
Gardiens de la nuit
Veilleront sur eux
Même dans les cieux
Ce sont les Kabyles
Qui me l’ont dit
Garde ton identité
Pour les défier
Ces êtres nantis
Nous ont spoliés
Nos ancêtres reniés
Citoyens du monde
Relevant les défis
Nous sommes à même
De reproduire
Tous nos acquis
La liberté
Le choix de penser
Le droit de dire
Que notre culture
Oui, ne figure
Que de l’autre côté
De la Méditerranée
Francophones
Oui, nous le sommes
Planète à découvert
Carte bleue à l’envers
Rien à cirer
De leur putain de tunes
Nous altermondialistes
Ne voulons pas acheter
La Lune ou Mars
Mater la une
Ce tas d’arrivistes
Nous laisse de glace
Y’a pas de place
Dans notre cœur
Pour ces menteurs
Ces arnaqueurs
D’images truquées
Flashs fabriqués
Pour détourner
La vérité.

Paroles : Yasmina Sahnoune
Musique : Olivier Fourcade

mercredi 27 août 2014

Quatorze ans

J’avais 14 ans et c’était l’été
Je sortais la nuit je voulais danser
Je sortais en douce les cheveux crêpés
J’avais 14 ans et j’aimais danser
Je sortais la nuit
Quand tout le monde dormait
C’était les eighties et on s’amusait
Une heure dans la rue
Tu me laisses pas tomber !
On était une bande on allait danser

Ah ! Toutes les nuits
Bouger son corps
Sur le dance floor

On marchait longtemps super excitées
On faisait du stop sous le ciel étoilé
On était heureuses et très maquillées
J’avais 14 ans et c’était l’été
Je sortais la nuit
Quand tout le monde dormait
C’était les eighties et on s’amusait
Une heure dans la rue
Tu me laisses pas tomber !
On était une bande on allait danser

Un gin-fizz au bar, un rhum,
Une vodka, vise les mecs là-bas
Sur la piste de danse on fait notre entrée
Tee-shirt blanc moulant sous l’ultraviolet
Sur la piste de danse on fait notre entrée
On a 14 ans et on sait danser
Et les mecs viennent
En regardant leurs pieds
Et les mecs viennent danser de très près
On fixe nos sourires sous les stroboscopes
Et nos corps se frôlent
Et nos cœurs se heurtent

Ah ! Toutes les nuits
Bouger son corps
Sur le dance floor

Barbara Carlotti, album « L’amour, l’argent, le vent », 2012

Pour visionner le clip :


L'on voit ici les décors du fameux festival de La Ferme Électrique (Tournan-en-Brie, 77) auquel je me suis rendue début juillet 2014. Le temps n'était pas meilleur que fin août mais je m'y suis bien marrée et j'en ai pris plein les yeux plein les oreilles. 
Sûr, j'y retourne en 2015 !

mercredi 20 août 2014

Pardon

L’autobus était mi-plein
Près de moi une place vide
Elle s’approche, s’assoit
Et comme s’excusant de vivre
Me dit pardon
Excusez-moi
Pardon, pardon
Pardonnez-moi

Le monsieur tendait le bras
Vers une boîte de haricots
Avait l’air un peu moite,
Et moi je pensais vaguement à un gigot
Il me fait pardon
Excusez-moi
Pardon, pardon
Pardonnez-moi

Mais y’a pas de pardon
Parce qu’y a pas de faute
Pas de pardon
Parce qu’y a rien à pardonner
Pas de pardon
Y’a pas de faute
Et y’a rien à pardonner

J’étais là, toute tendue
À pleurer comme une gourde
Je n’avais pas voulu
Alors j’allais en découdre
Je lui dis pardon
Excuse-moi
Pardon, pardon
Pardonne-moi

Mais y’a pas de pardon
Parce qu’y a pas de faute
Pas de pardon
Parce qu’y a rien à pardonner
Pas de pardon
Y’a pas de faute
Et y’a rien à pardonner

Catherine Ringer, album « Ring N’Roll », 2011

Pour visionner le clip :


Les photos ont été prises dans le jardin de mon père, à Suizy-le-Franc, en juillet 2014.

lundi 18 août 2014

On ne meurt plus d'amour

J’avance nue
Mes larmes bues
J’me relève au levant

Un peu plus seule
Ceux qui me veulent
M’auront autant qu’avant

J’ai rien appris
Rien chaque fois
Sinon qu’on n’en meurt pas
Sinon qu’on en meurt
Passée la nuit au triste jour
On ne meurt plus d’amour

On ne meurt plus d’amour
On ne meurt plus

Passe au travers
Embrasse l’air
Tu m’vois, tu m’vois devant

Passe l’attente
Reste l’absente
Passe-moi, passe-moi dedans

J’ai rien appris
Rien chaque fois
Sinon qu’on n’en meurt pas
Sinon qu’on en meurt
Passée la nuit au triste jour
On ne meurt plus d’amour

On ne meurt plus d’amour
On ne meurt plus

Va si j’y suis
Va si je fuis
Toi qui, toi qui essayes

Pleure et appelle
L’entre deux ciels
Toi qui, toi qui t’y frayes

J’ai rien appris
Rien chaque fois
Sinon qu’on n’en meurt pas
Sinon qu’on en meurt
Passée la nuit au triste jour
On ne meurt plus d’amour

On ne meurt plus d’amour
On ne meurt plus

Robi, album « L’hiver et la joie » (2013)

Pour visionner le clip :
http://www.youtube.com/watch?v=Wb8E1FiZiaY
GLIER appose sa signature un peu partout en Seine-et-Marne, "à l'arrache" comme à l'arrière de ce panneau de signalisation, ou de façon plus élaborée, avec des lettres rondes et pleines, généralement en noir et blanc, sur des murs par exemple. Là, ce qui est intéressant (enfin je trouve), c'est ce "SANG" rajouté en rouge et le sens nouveau de la signature. Ces photos ont été prises entre Annet-sur-Marne et Jablines, près du rond-point d'accès à la base de loisirs. Vive le street art et ses détournements !

vendredi 8 août 2014

En déroute

Assise au bord de la route
Les yeux mi-clos en déroute
Je découvre et je redoute
Mes rêves coûte que coûte
Je déambule, état second
J'en oublie mon prénom
Je sors de mes gonds
J'ai déjà touché le fond
         
Si mes tics me font toc
Et ma montre tique et choque
Le temps serait-il du troc?
Dans la pomme je croque       
Mes idées s'entrechoquent            
J'suis la reine de la débloque

J'ai tiré le roi de pique
Qui ma foi me réplique
T'as des tocs et des tics
Ton parcours atypique
Tes propos pathétiques
Jouent avec ton éthique
De ton âme empathique
Sort des phrases idylliques

Si mes tics me font toc
Et ma montre tique et choque
Le temps serait-il du troc?
Dans la pomme je croque       
Mes idées s'entrechoquent            
J'suis la reine de la débloque

Si mes tocs me tiquent
De rêves érotiques
Et fantasmagoriques
Des grimaces, des mimiques
Je serai dandy poétique
Balançant mes lyrics
Rythmes psychédéliques
Danse vaudou électrique

Si mes tics me font toc
Et ma montre tique et choque
Le temps serait-il du troc?
Dans la pomme je croque       
Mes idées s'entrechoquent            
J'suis la reine de la débloque

Cet empire de mots qui m'aspire
Assouvit mon être, je respire
Démoniaque au volant de ma Pontiac
Bon feeling, bonnes vibes, j'ai la niaque
Point de non-retour, blessures
Mon bolide roule à vive allure
J'efface ratures et fissures
Je n'ai pas de demi-mesure

Si mes tics me font toc
Et ma montre tique et choque
Le temps serait-il du troc?
Dans la pomme je croque       
Mes idées s'entrechoquent            
J'suis la reine de la débloque

Yasmina Sahnoune, 9 août 2011

Cette chanson n'a pas encore été mise en musique, avis aux amateurs/trices, compositeurs/trices !
Les photos proviennent des murs du Silo, à Château-Thierry (02). Ancien lieu de production des usines Belin (Unité 1), il accueille dorénavant des expositions temporaires d'art contemporain. Juste à côté, se trouve la salle de concert La Biscuiterie.

mercredi 23 juillet 2014

Le départ

Votre cœur sous la pierre
Votre cœur, ce fou s’en est allé
Le vent l’a balayé
Comme tous les autres cœurs

Étrange et solitaire
Votre cœur, ce fou, s’est consumé
Bienveillant et borné
S’évaporant bien avant l’heure

Ô lourde peine
Ô serments décimés
Je vous hais de
Vous avoir tant aimé

Votre cœur fait de pierre
Capricieux et rêveur a lâché
De soupirs accablé
Compressé, harassé d’aigreurs

Maintenant comment faire
Votre nom sur la carte est rayé
Nulle part où aller
Votre cœur c’était le monde entier

Ô lourde peine
Ô serments décimés
Je vous hais de
Vous avoir tant aimé

Nul éclair de chaleur
Votre cœur c’était tous les étés
Allez en paix mon cœur
Puisse un jour le mien vous retrouver

Maissiat, album « Tropiques », 2013

Pour visionner le clip :
Les photos ont été prises à Chelles (77), au centre d'art contemporain les Églises. J'aime le reflet des nuages sur le verre, le mélange de l'architecture ancienne et moderne, ces fenêtres sans vitraux... 

mercredi 14 mai 2014

C'est moi le printemps

Je suis né en mai
C'est moi le printemps
D'un ventre épais
J'ai foutu le camp
Né scarifié
Né en pleurant
Né sacrifié
Né en passant

Je suis né en mai
C'est moi le printemps
J'ai rien demandé
Oui mais pourtant
J'ai déchiré
À grand coup de dents
Le fil d'acier m'emprisonnant

Je suis né en mai
C'est moi le printemps
Moi qui rêvais
D'hivers tout blancs

J'ai foutu le camp

Je suis né en mai
C'est moi le printemps
D'un ventre épais
J'ai foutu le camp
Un ange déçu
Ange de néon
Un ange de plus
Ange de néant

Moi qui espérais
Des anges troublants

Je suis né en mai
C'est moi le printemps
D'un ventre épais
J'ai foutu le camp

Il est beau le printemps, non ?
Il est tout petit pour des gens qui s'aiment comme nous, le printemps
Il est beau le printemps
Je suis né en mai
C'est beau le printemps

Je suis né en mai
C'est moi le printemps
Quand je serai foutu
Il restera le vent

Quand je m'en irai
Quand je serai partant
Je ne veux pas de regrets
Soyez contents

Je suis né en mai
C'est moi le printemps

Daniel Darc, album "La taille de mon âme", 2011


Il aurait eu 55 ans le 20 mai 2014, je serais bien allée encore le voir en concert, même si la dernière fois il m'avait déçue : trop d'alcool, trop d'oubli, trop de mépris envers lui-même, ses musiciens, son public...
Heureusement, il y a ce double album posthume "Chapelle Sixteen" (paru fin 2013) pour me faire oublier tous mes griefs. Les textes sont durs, tendres, sombres, inspirés, cruels, touchants... Tellement touchants ! La musique de Laurent Marimbert porte les mots, se faisant rock, ou symphonique ; modeste, au seul piano.
Je regrette d'autant plus qu'il soit mort, Daniel Darc (28 février 2013). Mais chacune de ses dernières chansons, ou presque, sonne de façon fataliste, visionnaire, testamentaire. On n'y peut rien. Lui non plus, n'y pouvait rien. Il serait mort, de toute façon. Ainsi soit-il.
Pour visionner le clip :
Les photos des yeux peints sur le mur ont été prises à Courtry (77) en arrivant du Pin en voiture, et celles de la maison de fer proviennent de Coubron (93) direction Montfermeil en venant de Courtry.
Une construction singulière que Raymond Depardon n'aurait certainement pas reniée s'il était tombé dessus au cours de ses périples à travers la France... Et moi, je passe devant tous les matins quand je vais travailler !