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dimanche 30 décembre 2012

Longueur d'Ondes #66

Il faut être patient, la date de parution du nouveau Longueur d'Ondes est fixée au 6 janvier 2013. Dans ce numéro 66, j'ai effectué un reportage pour le festival KOUD'JU, réalisé l'interview de VOLUMATIK, écrit comme toujours des chroniques (ARNAUD LE GOUËFFLEC / JOHN TRAP, DABY TOURÉ, CLOÉ DU TRÈFLE, THE MISSIVE, JAWËL) ...

Pour la lecture, on doit donc attendre un peu ; je profite néanmoins de ce post pour annoncer "the" soirée anniversaire parisienne Longueur d'Ondes (30 ans) le mercredi 16 janvier au Pan Piper. Venez nombreux !


Bonne fin d'année 2012, meilleurs voeux pour 2013 !!!


LONGUEUR D’ONDES #66


COMPTE RENDU DU KOUD’JU FESTIVAL 2012

KOUD’JU FESTIVAL
Les 27 et 28 octobre 2012 à Brie-Comte-Robert (77)
CADRE : Salle de spectacle Le Safran
MÉTÉO : Fraîche à l’extérieur, chaleureuse à l’intérieur !
CARTE D’IDENTITÉ : C’est la 9e édition du festival briard. Pour la ville médiévale de Brie-Comte-Robert, cet événement musical est incontournable.
LES PLUS : Koud’ju, c’est d’abord une association née en 2002, qui œuvre au développement de projets musicaux ou théâtraux. Elle regroupe six formations artistiques émergentes : Chemempa, Perfect Idiots, la Cie Canon, la Cie Obrigado, Guappecarto et Chékélé.
LES DÉCOUVERTES : Abu, groupe "gnawa beat", chauffe la salle dès le premier morceau. Chlorine Free est un sextette jazz funk déjanté, mené par un flûtiste et un trombone.
LES TÊTES D’AFFICHE : Les Zoufris Maracas distillent une biguine colorée, mâtinée de reggae et de chanson française. Clinton Fearon, des Gladiators, crée l’émotion avec ses vieux amis. Arthur H, au meilleur de sa forme, chante son dernier album "Baba Love".



LONGUEUR D’ONDES #66


ARTICLE "COUP D’ENVOI"

Volumatik

Titre : dingos d’électro

Texte (2000 CARACTÈRES MAXI) :

Nous rencontrons ces artistes multi-facettes dans leur QG aménagé, là où leurs idées prennent forme : écriture des chansons, compositions musicales, chorégraphies, mise en scène, stylisme, création vidéo, travail sur le son et les lumières… Le collectif Volumatik, composé de Pyke (chant lead, machines), Mary (chant, machines), Titupröne (costumière, régie lumières), HI2GINS (vjing, clips) et NK.F (ingénieur du son), est par essence pluridisciplinaire, tourné vers le spectacle vivant, visant le côté performance, "one shot", en fonction du lieu où il se produit. Dans son dernier EP aux six titres énervés et pulsés, aux textes empreints de dérision et de déraison, Volumatik affirme sa volonté de chanter en français, tout en mettant en avant la musique électro car tel est son crédo. "On ne veut pas être cantonnés dans la case électro, on fait avant tout de la chanson française, avec du son électro forcément puisque c’est la musique que l’on a choisi et que l’on aime, mais ça reste quand même des chansons, dans un format classique avec des couplets et des refrains. Ce n’est pas du DJ set avec des sons qui s’enchaînent pendant des heures pour faire du dancefloor, même si l’on peut danser comme des fous sur Volumatik !" Pyke et Mary se sentent proches de Vitalic pour le bon gros son, des Belges "Vive la fête" pour l’énergie du live, de Philippe Katerine pour son album "Robots après tout" et l’humour qui s’en dégage. C’est d’ailleurs Valérie Archeno, la créatrice des fameux sous-pulls rose et des perruques blondes peroxydées, qui a réalisé les photos pour le CD. Ils se situent entre Daft Punk, Rita Mitsouko et Niagara, "pour la folie des Rita, pour le côté  80’s de Niagara." Leurs vœux les plus chers pour 2013 ? "On aimerait bien toucher plus de public, avoir une écoute plus large, pour que les gens nous découvrent. On pense avoir notre place dans le paysage de la musique française, on voudrait rencontrer quelqu’un qui se dise : « Il faut que je bosse avec Volumatik ! »."

"Volumatik" - Autoproduit




LONGUEUR D’ONDES #66


BRUITAGE (1000 CARACTÈRES MAXI)
ARNAUD LE GOUËFFLEC / JOHN TRAP
"Soleil serpent"
(L’Église de la petite folie)

Le titre éponyme qui ouvre l’album avec ses percussions métalliques, ses tambours africains, ses instruments hétéroclites, s’appuie sur un texte d’Aimé Césaire (poète et homme politique martiniquais, auteur du terme "négritude", 1913-2008) extrait de son recueil surréaliste "Les armes miraculeuses". "Tam-tam de nuit" et "Tam-tam II" en sont aussi inspirés. Les deux auteurs de ce "Soleil serpent" envoûtant et mystérieux n’en sont pas à leur premier coup d’essai, ils éditent régulièrement leurs musiques sur le label "L’Église de la petite folie" et organisent à Brest le "Festival invisible" (7e édition en 2012). Ils sont également co-auteurs du premier album de "La boîte à ooTi" : celle-ci produit des soupirs inquiétants et des chœurs fantomatiques dans "Femme lune". Nous rencontrons des personnages étranges : "Celle-qui-doit-être-obéie" ou "Monsieur Wong"… Le terreau musical, ethnique, joyeux et coloré, devient plus sombre, tribal, shamanique, quand résonnent les guitares électriques.



BRUITAGE (1000 CARACTÈRES MAXI)
DABY TOURÉ
"Lang(u)age"
(Polydor / Universal Music France)

Ce tout juste quadra, né en Mauritanie, a de qui tenir : son père fut l’un des musiciens de Touré Kunda. D’une enfance passée chez divers membres de sa famille entre Mauritanie et Sénégal, Daby Touré signe la très belle chanson "Chez les autres" aux guitares douces et nostalgiques, sur un texte de Maxime Le Forestier : "Tu m’as dit que tu es des nôtres, tu m’as dit fais comme chez toi, moi j’ai grandi chez les autres, apprends-moi…" Sa voix chaude et haut perchée fait penser à celle de l’Ougandais Geoffrey Oryema, qui fut repéré, lui aussi, par Peter Gabriel, en 1990. Daby Touré est de la génération suivante : en 2004, il assure les premières parties de l’ex-Genesis et enregistre l’album "Diam" sur son célèbre label Real World. Les douze titres de "Lang(u)age" offrent à l’auditeur un grand voyage à travers le monde, où les rencontres sont sources de partage, où les différences produisent de la richesse. "Pas si éloignés que ça, pas le même dico, pas le même terreau, mais le même halo…"


BRUITAGE (1000 CARACTÈRES MAXI)
CLOÉ DU TRÈFLE
"Hasards de trajectoires"
(Trèfle Prod / COD&S Distribution)

Le métro bruxellois est au centre des quatorze titres de cet album riche en trouvailles sonores et électroniques. Les textes, en français, nous font découvrir les "Hasards de trajectoires d’un matin comme un autre" de Lisa, jeune femme solitaire vivant dans la capitale Belge. Dans le métro et ses couloirs, elle croise d’autres passagers, elle les observe, elle les écoute, elle leur parle parfois, ou elle ne les voit pas. Elle les ignore même, comme cet inconnu qui l’a vue à plusieurs reprises, qui essaie de l’aborder, sans succès… Nous sommes confrontés, comme Lisa, à la promiscuité et ses désagréments, à l’intrusion dans la vie des gens à cause des téléphones portables, à une existence vide de sens où l’on passe son temps à courir, aux retards des rames. Nous rencontrons une vieille dame philosophe, une femme qui fait la manche, une conductrice de métro. Quelle est cette personne qui s’est jetée sur les rails ? Pour qui est ce bouquet de fleurs ? Lisa osera-t-elle rencontrer l’amour ?



BRUITAGE (1000 CARACTÈRES MAXI)
THE MISSIVE
"Go between"
(Celluloïd / Rue Stendhal)

Après l’album "Missive" en 2007 suivi de nombreux concerts, la chanteuse auteure et compositrice Laurence Olivier continue sur sa lancée et fonde le duo The Missive avec Vincent Aubague aux guitares. Les onze chansons, toutes en anglais, mettent en valeur la voix claire et fraîche, ses vocalises ouvragées, ses phrasés veloutés. "Remember hills" aux sonorités venues d’Inde en est un bel exemple. Très au fait des pop songs, le binôme enchaîne les titres comme autant de petites perles mêlant intimement l’électronique et l’acoustique. Le son est britannique : "Go between", en ouverture de l’album, a un jeu de guitares qui rappelle celles de U2, "Dreamlands" et ses effets d’écho aussi. Les cordes peuvent se faire folk et cristallines : "Schemes" et son refrain entêtant, "The border" aux accents trip hop, la balade "Away from us". Les claviers sont rois dans "Spring", "The negro mother" est inspiré d’une poésie de l’Afro-Américain Langston Hughes, "Blossom" adapte un texte d’Emily Dickinson.



MAXIS (400 CARACTÈRES MAXI)
JAWËL
"The Anna Graham’s project"
(Autoproduit)

Cette jeune autodidacte a réalisé cet EP avec sa MPC 1000 (sampler et boîte à rythmes), son besoin de créer et son acharnement. Ce "Projet d’Anna Graham", original et inspiré, distille un trip hop fascinant, aux multiples influences, aux voix mêlées, entremêlées, aux sons et aux instruments variés : piano sur "A long travel", chants d’oiseaux sur "Daffodils", accordéon sur "The blood stained gem"…

mercredi 24 octobre 2012

Longueur d'Ondes #65


Et hop ! Alors que les fidèles lecteurs se précipitent sur le numéro 65 du magazine Sur la même Longueur d'Ondes, "le détonateur musical" relooké et toujours gratuit, le numéro 66 (parution en décembre) est déjà en préparation !

Ma contribution au 65 fut généreuse : sept chroniques en tout, dont deux, malheureusement, n'ont pas été publiées dans la version papier du magazine et ne sont pas encore en ligne sur le net. 

Elles seront donc proposées ici "en exclusivité" (pour le moment), il s'agit d'artistes de bonne renommée :

-Mathieu Boogaerts : "Mathieu Boogaerts"

-Treponem Pal : "Survival Sounds"

Les autres chroniques sont les suivantes :

-Manuchka : "Manuchka"

-Merakhaazan : "Récital électronique"

-Céline Ollivier : "La femme à l'éventail"

-Papaya Cake : "Le bison blanc"

-Pillow Pilots : "The draft EP"

Alors bonne lecture et bonne écoute !



BRUITAGE (1000 CARACTÈRES MAXI)
MATHIEU BOOGAERTS
"Mathieu Boogaerts"
(Tôt ou tard)

Quelles raisons peuvent motiver cet artiste, connu et reconnu, à sortir un album éponyme, alors qu’il en a cinq autres à son actif ? Nous pourrions répondre qu’il fait là un retour aux sources, qu’il se recentre sur lui-même, qu’il se réaffirme en tant que "Mathieu Boogaerts", chanteur et musicien, auteur et compositeur… Certes, son album précédent "I love you" date de 2008 (chronique dans le numéro 47 de Longueur d’Ondes), mais il n’a pas chômé ces quatre dernières années, donnant de nombreux concerts, notamment à la Java (Paris) où il a mis sur pied un nouveau répertoire. Les douze titres de ce nouvel album sont issus de la scène, des échanges avec le public, au fil des représentations. "I love you" mettait en avant la batterie, ici la guitare est à son avantage ("Je sais", "On dirait qu’ça pleut", "Une berceuse"), tandis que le piano se fait reggae ("Avant que je m’ennuie") ou rumba ("Minuit"). Les femmes sont à l’honneur ("Sylvia", "Paloma"), le non-sens aussi ("Petit a petit b").



MAXIS (400 CARACTÈRES MAXI)
MANUCHKA
"Manuchka"
(Autoproduit)

Deux ans après "Cure de prunes" (Longueur d’Ondes numéro 57) nous retrouvons Emmanuel Emo (Havrais devenu Parisien), ses chansons pop rock, sa voix singulière, ses belles compositions électriques et/ou acoustiques. Sur les sept titres, nous aimons beaucoup l’évocation des manifs étudiantes dans "La fièvre", la poésie touchante envers les ouvriers dans "À ceux qui sont de nuit".



BRUITAGE (1000 CARACTÈRES MAXI)
MERAKHAAZAN
"Récital électronique"
(Imago Records & Production)

L’album (le deuxième de ce musicien visionnaire) surprendra sans doute l’auditeur. Lequel, s’il est ouvert d’esprit, se laissera rapidement entraîner dans un univers riche en surprises, en trouvailles sonores acoustiques et électroniques. Le Niçois Jean-Christophe Bournine joue de la contrebasse, manie l’archet, pince les cordes, connecte l’instrument aux machines, échantillonne et fait tourner en boucle, mélange, superpose, triture, déforme, sature, amplifie… Sa conception du récital s’en trouve élargie à l’extrême, d’une pratique classique aux créations les plus contemporaines. Utilisant les cordes préparées (comme John Cage) autant que les ordinateurs, Merakhaazan crée une diversité musicale époustouflante, flirtant avec la danse ("Ouverture" puis "Tango"), la musique de film ("Ombres", "Soundtrack"), l’électro-rock ("Tirez deux pianos avec des ailes de plomb", "Vengeance"), l’Orient ("Danse masquée des animaux étranges", "Incantations"). "Neige" clôt le tout avec grâce et douceur.



BRUITAGE (1000 CARACTÈRES MAXI)
CÉLINE OLLIVIER
"La femme à l’éventail"
(F2F Music / L’Autre Distribution)

Le premier LP de la jeune auteure, compositrice et interprète montreuilloise (après un 4 et un 6 titres : "Comme on a dit" puis "Les gens de passage") est un coup de maître ! Voilà de beaux portraits de femmes, des femmes amoureuses : celle-ci choisit la rupture plutôt qu’une vie à trois ("Mes adieux"), cette autre préfère les rendez-vous trop courts et les baisers volés ("Jardin du Luxembourg"), celle-là ne trouve que les larmes pour exprimer ses émotions ("Les mots justes")… "La femme à l’éventail" a inspiré des générations de peintres, de Goya à Picasso, de Renoir à Matisse, Gauguin, Modigliani, Manet, Berthe Morisot… Le thème repris ici interpelle le modèle, décrit sa relation à l’artiste. Il y a des références à la chanson française : "Au Flore" est dédié à Jane (Birkin), l’âme de Léo Ferré plane sur "Baby Doll"… Étrange et troublant, "Le miroir" fait un clin d’œil à France Gall. L’orchestration ciselée, les chœurs harmonieux, donnent une profondeur à cet album très réussi.


BRUITAGE (1000 CARACTÈRES MAXI)
PAPAYA CAKE
"Le bison blanc"
(Patch Work Production / Socadisc)

Fin 2009, le duo avignonnais au trip hop revigorant avait enchanté nos sens grâce aux quatre titres de "Time's Paraguay" (Longueur d’Ondes numéro 55). S’ensuit une longue tournée en 2010, qui se conclura début 2011 par l’enregistrement de "Time's Paraguay Remixed". Illys (au chant) et Bast (à la musique et aux programmations) reviennent aujourd’hui avec un véritable album, aux douze titres admirablement composés, aux mélodies tout à la fois vibrantes, envoûtantes, ouvragées. Après l’introduction instrumentale de "Some Air", les pistes s’enchaînent et changent de style, d’ambiance, d’orchestration, proposant à l’auditeur différentes facettes du trip hop (né dans les 90’s à Bristol en Angleterre, avec des artistes tels que Portishead, Massive Attack, Tricky…). "Anticyclope" a des accents hispaniques, "Alprazolam" des sonorités d’Inde, "Pringle On The Field" tend vers le dub… Le tout est frais, joyeux, prenant, dansant !



MAXIS (400 CARACTÈRES MAXI)
PILLOW PILOTS
"The Draft EP"
(Autoproduit)

Le duo nantais, créé en 2010, est formé du batteur de Gong Gong JC Baudouin et du chanteur guitariste JF Lecoq, du groupe Margo. Ces "pilotes de l’oreiller" proposent des lives échevelés où le public se livre à une bataille de polochons, toutes plumes dehors ! Les quatre titres de l’EP régénèrent le rock grâce à une dose d’électro bien trempée. Le cocktail est pêchu, hyper vitaminé !



BRUITAGE (1000 CARACTÈRES MAXI)
TREPONEM PAL
"Survival Sounds"
(Juste Une Trace / Socadisc)

D’emblée l’on reconnaît le son lourd, profond, puissant ; la voix ample, colossale ; les martèlements, les salves électriques. Le groupe français de rock industriel par excellence, à la renommée internationale et aux vingt-cinq ans d’existence, reprend du service (l’album précédent "Weird Machine" est sorti en 2008) avec toujours autant d’énergie, de convictions. Treponem Pal s’inscrit dans la lignée des groupes comme Godflesh, Ministry ou The Young Gods qui, au milieu des 80’s, optèrent pour une musique extrême, radicale, mélangeant metal et hardcore, utilisant les sons produits par des machines, propageant un univers froid, brutal, apocalyptique. "Survival Sounds", sixième album du groupe, est plus que jamais fait de ce bois-là. Le chanteur Marco Neves et ses quatre acolytes (dont Didier B. aux samples) n’ont pas fini d’étonner. Le bluesy "Runaway Far Away" ou la lancinante "Drunk Waltz" en sont de bons exemples.

vendredi 20 juillet 2012

Longueur d'Ondes #64


Bon été à tous, à toutes !

Pour suivre l'actualité musicale en ces mois de juillet/août 2012, ce lien est essentiel :


Et maintenant, les huit chroniques rédigées par mes soins figurant dans le numéro 64 du magazine Sur la même Longueur d'Ondes.

1) AUTOUR D'ELLE : "Lancinante" (Suzanne Records)


2) BENJAMIN SCHOOS : "China man vs China girl" (Freaksville Record)


3) BIBI TANGA & THE SELENITES : "40° of Sunshine" (Nat Geo Music)


4) DAVEN KELLER : "Réaction B" (Idol)


5) HAYSEED GENIUS : "Hayseed genius" (Autoproduction)


6) JELILA : "Free Style" (Autoproduit)


7) VALIER : "Le paradis perdu" (Autoproduit)


8) YAS & THE LIGHTMOTIV : "Chop off the head" (Holistique Music)

1_BRUITAGE  (1000 caractères maximum, ne compter ni la signature ni le site web)


AUTOUR D'ELLE
"Lancinante"
Suzanne Records

Après avoir représenté la Haute-Normandie comme découverte du Printemps de Bourges en 2006, lui offrant l'opportunité de nombreux concerts, après le six titres pop rock "Suzanne" aux guitares tout à la fois puissantes et mélodiques (chronique dans le numéro 39 de Longueur d'Ondes), le quatuor rouennais sort enfin son premier album ! "Lancinante" fait encore référence à Suzanne, jeune femme imaginaire qui apparaît ici ou là, au long des douze chansons en français (le groupe le revendique) nourries aux bons gros sons des années quatre-vingt-dix. Etienne est toujours au chant, guitare et clavier, Loïc à la basse, Cyril aux guitares, Guillaume à la batterie. La courte "Intro" aux résonances indiennes cède aussitôt la place aux guitares haut perchées de "Mépris", puis à celles, plus aériennes et chaloupées des "Paravents"… Les textes collent parfaitement à la musique, on vibre d'un bout à l'autre jusqu'à "Ta vie en calme", folk, acoustique, apaisant.


2_BRUITAGE  (1000 caractères maximum, ne compter ni la signature ni le site web)


BENJAMIN SCHOOS
"China man vs China girl"
Freaksville Record

Nous avions découvert l'artiste belge en 2007 avec "L'homme libellule", signé de son alias Miam Monster Miam (chronique parue dans Longueur d'Ondes numéro 42). Officiant aussi sous son propre nom, Benjamin Schoos livre ce trésor mélodique pop et racé, où apparaissent des invités de marque. Quel plaisir d'entendre la voix de Laetitia Sadier (Stereolab) dans "Je ne vois que vous", chanson fraîche, pétillante, désarmante… Plus loin, le parolier Jacques Duvall (avec Marc Morgan) signe "Le combat", électro pop optimiste, sautillante, avec envolées lyriques, synthés aériens. Il y a aussi ce double hommage sublime au poète surréaliste aventurier Arthur Cravan (1887-1918) et au boxeur noir américain Jack Johnson (1878-1946, consacré par Miles Davis en 1970). Il est question de boxe, de catch, d'amour, de haine ; s'affrontent des hommes, des femmes, dans un décor de roman noir ou plus "fleur bleue"… Le combat est aussi contre soi-même.


3_BRUITAGE  (1000 caractères maximum, ne compter ni la signature ni le site web)


BIBI TANGA & THE SELENITES
"40° of sunshine"
Nat Geo Music

Natif de Centrafrique (1969), Bibi Tanga arrive en France à l'âge de neuf ans. Il est baigné dès son plus jeune âge dans une culture musicale large et variée, incluant ses origines africaines. Membre de la Malka Family puis des Gréements de Fortune, il enregistre en 2000 "Le vent qui souffle" au chant et à la basse. En 2003, Bibi croise le chemin de cet hurluberlu bidouilleur de sons, le Professeur Inlassable. "Yellow Gauze" se fait remarquer en 2007 par son électro cosmopolite. Arrivent le violoniste Arthur Simonini, le guitariste Rico Kerridge et le batteur Arnaud Biscay : Bibi Tanga & The Selenites (habitants de la lune) enregistrent le très groovy "Dunya" en 2010. Ils récidivent aujourd'hui pour notre plus grand bonheur avec "40° of sunshine", dopé au rythm'n'blues, à l'afro beat, au funk, à la soul, aux musiques traditionnelles africaines… En anglais, sango ou français, chaque titre incite à la bonne humeur, jusqu'à la transe.


4_BRUITAGE  (1000 caractères maximum, ne compter ni la signature ni le site web)


DAVEN KELLER
"Réaction B"
Idol

Ce brillant musicien n’est autre que Pierre Bondu, à la guitare et aux claviers sur la première tournée de Dominique A (1991), auteur de deux albums solo "Ramdam" (1999) et "Quelqu’un quelque part" (2004), compositeur de musique de films (pour Catherine Corsini, les frères Larrieu ou Thierry Jousse)… Collaborant avec Miossec ou Philippe Katerine, il signe le tube "100% VIP" en 2005. Daven Keller est né avec "Réaction A" en 2008, un album étonnant, pop et dansant, aux sons et rythmes électroniques, chanté en français. DK récidive avec "Réaction B" qui en surprendra certainement plus d’un(e) tant le virage est important, tant il dévoile une nouvelle facette de ses talents de compositeur et d’arrangeur. L’œuvre est totalement instrumentale, basée sur un quatuor à cordes agrémenté de clavecin, de piano ou de percussions... Nous aimons le jeu subtil des instruments, les ambiances cinématographiques de ces dix pièces qui se nomment toutes "Métronome".


5_BRUITAGE  (1000 caractères maximum, ne compter ni la signature ni le site web)


HAYSEED GENIUS
"Hayseed genius"
Autoproduction

D'emblée, nous remarquons la qualité du son, des arrangements et du mixage, nous aimons les teintes musicales chaudes et lumineuses, la large palette d'instruments et de percussions. Nous accrochons à cette voix particulière, chantée/parlée, français/anglais, aux textes simples, épurés, presque naïfs, mais étonnamment touchants. Nous sommes tout à la fois dans la chanson, le rap, l'électro, les musiques traditionnelles ou expérimentales… Ce projet solo est celui d'Olivier Fourcade, qui l'a entièrement réalisé "à la maison". Guitares, claviers, rythmiques, samples…, s'harmonisent avec élégance pour un ensemble ciselé, "cool", très agréable à écouter. Le premier des dix titres, "Raconte-moi", reggae léger et sautillant, est suivi d'un "Quand tu danses" africain ensorcelant. Plus loin, le rap symphonique "On veut tous de l'amour", les cordes cristallines et ces touches de synthé charmantes dans "Tu cours après l'amour"…



6_MAXI  (400 caractères maximum, ne compter ni la signature ni le site web)


JELILA
"Free Style"
Autoproduit

C’est le premier EP de cette artiste singulière, auteur, compositeur et interprète, qui sait mixer les genres. Jelila utilise des claviers, des percussions, l’ordinateur, fait de sa voix un véritable instrument, à la façon de Camille. Ici l’on pense à PJ Harvey, là à Susheela Raman, il y a la reprise très personnelle et réussie de "La mauvaise réputation" de Brassens.



7_BRUITAGE  (1000 caractères maximum, ne compter ni la signature ni le site web)


VALIER
"Le paradis perdu"
Autoproduit

Le premier album éponyme de cet artiste brestois (par ailleurs sculpteur) est paru en 2007, nous l’avions chroniqué (Longueur d’Ondes numéro 41) de façon enthousiaste, succombant à sa poésie sauvage, sa voix grave, sa guitare dans l’urgence. "Le paradis perdu" a été composé en 2008, il aura fallu attendre quatre ans avant sa sortie officielle. Valier change de registre pour notre plus grand plaisir, met en valeur sa voix particulière sur des chansons plus intimistes, plus posées, plus sereines. "Les femmes et l’alcool" du premier album est reprise ici en version acoustique. Plus loin, le blues de "Luxembourg", sa nostalgie, ses regrets : « Je prends  ma tête dans mes mains, dans ce jardin, assis sur le bord du bassin, pendant ce temps les enfants font voguer des bateaux, sur l’eau. » Il y a "Les roses fanées", et sa troublante complainte, "Rêver encore" et ses  chœurs délicats… Le tout produit et arrangé par Fred Gransard, de Bikini Machine.


8_BRUITAGE  (1000 caractères maximum, ne compter ni la signature ni le site web)


YAS &THE LIGHTMOTIV
"Chop off the head"
Holistique Music

En 2010, le quatuor de Montreuil enregistrait son premier album, nous découvrions le spoken word de Yas, ses textes écorchés, martelés, mis en valeur par les instruments : platines, machines, claviers, batterie, samples, contrebasse et guitare (chronique dans le numéro 54 de Longueur d’Ondes). Deux ans plus tard, voici "Chop off the head" ce qui veut dire « couper la tête » : douze titres percutants, aux résonnances urbaines. Les textes sont en anglais, en anglo-français, nous apprécions plus particulièrement ceux écrits en français : "Les moutons" et son trip hop pêchu, d’une extrême lucidité : « N’oubliez pas de bien nettoyer, récurer à fond les étables pour que les moutons évoluent la nuit dans un espace vide d’idées, que leurs rêves soient une succession d’images de leur journée, utilisez le moins de mots possible ». Nous aimons aussi la poésie intimiste et réaliste de "Ça souffre", ses guitares lancinantes, répétitives.


jeudi 10 mai 2012

Tomislav, avant le départ


Après l'excellent six titres folk "J'y vais, j'en reviens" de 2007, le jeune artiste francilien a continué sur sa lancée, enchaînant les concerts, ajoutant de nouvelles chansons à son répertoire.

Peu à peu son album s'est construit, le voilà aujourd'hui finalisé : "Avant le départ" est sorti le 3 avril 2012, un concert a eu lieu ce soir-là au Sentier des Halles spécialement pour l'occasion.

En mars, pour la version net du magazine Longueur d'Ondes, nous avions posé quatorze questions à Tomislav, autant que de titres à son album.

  
1/ "Avant le départ" sort le 3 avril 2012, dans quel état d'esprit te trouves-tu ?

Extatique parce que c’est la première fois que je sors un album. J’apprends chaque jour et j’ai hâte de le faire découvrir et de le défendre un peu partout.

2/ Depuis combien de temps y travailles-tu ?

J’ai commencé en 2008/2009 avec des premières moutures studio qui ne m’avaient pas totalement convaincu. Du coup j’ai laissé reposer et j’ai repris à l’été 2010 avec des musiciens, avec une vraie idée de comment je voulais qu’il sonne. Entre la tournée et les enregistrements, il a fallu un an pour tout faire.

3/ Peux-tu décrire tes méthodes de travail, les différentes étapes qui ont été nécessaires jusqu'à la finalisation de ton projet ?

J’enregistre beaucoup de musiques, à peu près tous les jours. Les textes, je les écris par sessions et ensuite je joue les chansons sur scène. Je ne fais pas vraiment de choix, les chansons s’imposent d’elles-mêmes ou pas. Et finissent par conséquent sur l’album.

4/ Dans quelles circonstances as-tu rencontré Stéphane Mellino ?

J’ai participé à un tremplin en Picardie mis en place par Michel Deshays, qui est chanteur par ailleurs et qui a aussi collaboré à l’album. Stéphane Mellino faisait partie du jury et pour moi c’était un rêve de gosse de le rencontrer.

Nous nous sommes revus plusieurs fois par la suite et en exposant les difficultés par rapport à la réalisation de l’album, il a proposé son aide. Bosser avec lui a été un grand moment.

5/ Quelles ont été tes influences dans l'enregistrement, le mixage de ton album ?

J’avais en tête trois albums, le dernier album de G.Love "Fixing to die", le premier de -M- pour les arrangements et "Harvest" de Neil Young.

6/ Tu es d'origine croate, Tomislav est ton vrai prénom. Vas-tu souvent en Croatie ?

Pour être tout à fait exact, je suis né en France, ce sont mes parents qui sont arrivés ici dans les années 60. En revanche je vais très régulièrement en Croatie, car j’y ai de la famille et des amis. D’ailleurs, en 2012/2013, ce sera l’année de la Croatie en France.

7/ Quels souvenirs as-tu gardé de ton pays d'origine ?

Je garde le souvenir de vacances d’été pleines de touristes quand j’étais petit, puis de la guerre, des chars blancs de l’ONU et après la guerre, d’un pays qui tente de se reconstruire.

8/ Quelle place a la Croatie dans ton inspiration, tant dans les textes que dans la musique ?

Dans ma famille, on écoute le folklore croate depuis que je suis tout petit, c’est donc une musique qui m’a construit en tant qu’artiste au même titre que le blues ou le rock, c’est donc naturellement que je chante aussi en croate sur scène.

9/ Tu proposes des concerts avec une formule incluant la dégustation de spécialités culinaires croates, peux-tu en dire quelques mots ?

Les apéros concerts d’inspiration croate et la formule cabaret soupe, c’est une idée de Chrystèle, ma manageuse, pour proposer un plus par rapport à un simple concert tout en restant cohérent avec ce que je suis,  un artiste amateur de vin croate, mais pas seulement.

10/ Tu es auteur compositeur interprète, tu joues sur scène en "one man band", tu as fait ton album (pratiquement) tout seul… Est-ce par choix ? Pourquoi ?

Au départ, les musiciens avec lesquels je voulais jouer n’étaient pas disponibles. Avec le temps, c’est devenu un parti pris artistique. Aujourd’hui je varie les formules : je continue de me produire seul mais je suis parfois accompagné de Mehdi Messaoudi à la batterie.

Du coup ça me permet d’explorer toutes les facettes sur scène, le côté punchy et le côté poésie. Mehdi figure aussi sur l’album, ainsi que François-Xavier Maigre au piano et Vincent Machoel au saxophone.

11/ As-tu mené cette année des ateliers d'écriture à l'école, en prison, comme ce fut le cas précédemment ?

Cette année je travaille dans un collège de l’Ile-Saint-Denis via "ZEBROCK au BAHUT" et je continue les interventions en prison à Fleury-Mérogis via Le Plan. Je suis allé à la maison d’arrêt de Nevers grâce au Café Charbon.

12/ Qu'as-tu tiré de ces expériences ?

Ça m’apporte de travailler avec d’autres pour partager et me nourrir de tout ce qu’il y a d’humain et de sensible en chacun d’entre nous. Faire de l’artistique dans un lieu comme une prison, c’est tellement antinomique que c’en est réjouissant !

13/ Le concert du 3 avril 2012 au Sentier des Halles fêtera la sortie de ton album "Avant le départ". Quels vont être tes projets jusque fin 2012, voire au-delà ?

Jusque fin 2012, je souhaite continuer à tourner à un rythme soutenu, parce que c’est la raison pour laquelle je fais tout ça : aller vers les autres, provoquer les rencontres. Je vais en Angleterre sur un festival en juin. Il y aura des dates dans toute la France et même à la Réunion avec RADAR, une association locale sur un échange avec RIT.

En 2013, j’aimerais bien aller au Québec, j’ai aussi un projet de concerts de salon en Floride. C’est un État dans lequel les concerts d’appartement sont très répandus. J’en fais moi-même beaucoup en France, c’est l’opportunité de rencontrer le public de façon privilégiée.

14/ Si tu as des précisions, quelque chose à rajouter ?

Soyez curieux, sortez de chez vous, allez découvrir sur scène des artistes que vous ne connaissez pas ! Merci à vous Longueur d’Ondes de participer à cette découverte depuis 30 ans… Et BRAVO, bon anniversaire.



Concerts parisiens programmés prochainement :

-Mardi 15 mai à l'Espace Jemmapes avec François Gaillard

-Mercredi 6 juin au Zèbre de Belleville avec Whisky Baba

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Contact médias :


CHRONIQUE POUR LO #63 :

TOMISLAV
"Avant le départ"
(1001 Facettes / Socadisc)

Depuis les six chansons folk de "J'y vais, j'en reviens" en 2007, le musicien francilien a enchaîné les concerts, animé des ateliers d'écriture à l'école ou en prison, travaillé sur son album avec patience et détermination. Tomislav a  mis le temps de son côté, avançant pas à pas, seul maître à bord. Si la formule acoustique chant, guitare, harmonica, grosse-caisse et charley est très présente sur les quatorze titres, il y a aussi des plages plus étoffées, avec de belles orchestrations : le piano de "James Dean", les guitares électriques de "La fille du train", la batterie du "Temps est à la fête"… Nous aimons beaucoup "Y'a pas mort d'homme", coécrite avec un détenu, et "Tebi majko misli lete" ("Mes pensées s'envolent vers toi"), chanson traditionnelle croate. Le projet s'est enrichi de la collaboration avec Stéphane Mellino sur les titres "Comme une balle" aux rythmiques enlevées et "Fille de ce pays", profondément blues.

mardi 24 avril 2012

Six chroniques d'avril 2012


TRANSISTOR 36 (Avril/Mai/Juin 2012)

CHRONIQUE 600 CARACTÈRES
DAMAJAZZ
"Tchin-Tchin Tape Light"
CD 3 titres – Autoproduction

En concert le 9 mars aux Cuizines de Chelles, les six musiciens (et leur ingé son) ont conquis le public avec un hip hop énergique au flow phénoménal, au bon gros son fusion. C'est un soir spécial car pour l'occasion, Damajazz sort le "Tchin-Tchin Tape Light", à l'effigie de son ours fétiche, borgne et grimaçant. Trois titres explosifs, percutants, des textes à l'humour caustique qui se jouent des clichés : "Pentatonique" aux claviers et aux scratches détonants, le rap pêchu, alcoolisé d'"Acid Pupa", le reggae/ragga/ska lourd et puissant de "Stan, Redan & Megan"… On trinque et on en redemande !
http://www.damajamazz.fr

LONGUEUR D'ONDES #63 (parution avril 2012)
 

BRUITAGE (pour le NET)
GWENNYN
 "Kan an tevenn / Le chant des dunes"
(Seniprod / Keltia Musique)

En route pour Quimper, capitale de la Cornouaille, ville d'art et d'histoire réputée pour sa faïence, ses vêtements pour marins, la cathédrale Saint-Corentin aux plus hautes flèches de Bretagne… Car nous y sommes, indéniablement. Gwennyn chante en breton, s'inspire de la musique celtique pour façonner, avec ses musiciens, une œuvre singulière, tout en douceur et en nuances. La blonde et gracieuse chanteuse a débuté en 2000 avec Alan Stivell. Elle se produit régulièrement dans des festivals et enregistre des albums. Celui-ci est son troisième après "En tu all / De l'autre côté" et "Mammenn / Matrice". L'orchestration du "Chant des dunes" est très ouvragée mais parfois trop discrète ; la voix est souple, mélodieuse. Le titre d'ouverture "Brezhoneg" aux joyeuses cornemuses, flûtes et violons traditionnels, puis plus loin, le folk blues électrique de "Netra blu din me", viennent fort à propos donner du relief à l'ensemble. 

LONGUEUR D'ONDES #63 (parution avril 2012)
 


BRUITAGE (reporté sur LO #64)
HAYSEED GENIUS
"Hayseed genius"
(Autoproduction)

D'emblée, nous remarquons la qualité du son, des arrangements et du mixage, nous aimons les teintes musicales chaudes et lumineuses, la large palette d'instruments et de percussions. Nous accrochons à cette voix particulière, chantée/parlée, français/anglais, aux textes simples, épurés, presque naïfs, mais étonnamment touchants. Nous sommes tout à la fois dans la chanson, le rap, l'électro, les musiques traditionnelles ou expérimentales… Ce projet solo est celui d'Olivier Fourcade, qui l'a entièrement réalisé "à la maison". Guitares, claviers, rythmiques, samples…, s'harmonisent avec élégance pour un ensemble ciselé, "cool", très agréable à écouter. Le premier des dix titres, "Raconte-moi", reggae léger et sautillant, est suivi d'un "Quand tu danses" africain ensorcelant. Plus loin, le rap symphonique "On veut tous de l'amour", les cordes cristallines et ces touches de synthé charmantes dans "Tu cours après l'amour"…

LONGUEUR D'ONDES #63 (parution avril 2012)
 

BRUITAGE (pour le NET)
THOMASI
"Les belles personnes"
(Autoproduit)

Nous soutenons cet artiste francilien depuis son premier album, "Lundi dans la lune" (2006). Sur des airs de swing, de valse ou de tango, Thomasi conte d'émouvantes tranches de vie. "Le bazar du bizarre" (2007) est dans la même veine : chansons attachantes, jazz, flamenco, musette… Dans "Les belles personnes", on retrouve les thèmes des deux premiers albums : "La dernière sentinelle", "Martine"… Il y a des nouveautés aussi : rythmes et sonorités venant du Brésil ou d'Afrique, des textes engagés : "Je connais une France", "Le cocotier de la République". L'album s'ouvre sur une version reggae de la "Chanson pour ton cul", sensuelle et chaloupée. "Les belles personnes" ont quelque chose de Francis Cabrel, plus loin il y a le poème "Crète provisoire"… Toujours accompagné par Hervé Verdier (contrebasse) et Vincent Michaud (violon, alto), Thomasi confie à Vincent Clément (guitares, chœurs) arrangements, réalisation et mixage.

LONGUEUR D'ONDES #63 (parution avril 2012)
 

BRUITAGE (+NET)
TOMISLAV
"Avant le départ"
(1001 Facettes / Socadisc)

Depuis les six chansons folk de "J'y vais, j'en reviens" en 2007, le musicien francilien a enchaîné les concerts, animé des ateliers d'écriture à l'école ou en prison, travaillé sur son album avec patience et détermination. Tomislav a  mis le temps de son côté, avançant pas à pas, seul maître à bord. Si la formule acoustique chant, guitare, harmonica, grosse-caisse et charley est très présente sur les quatorze titres, il y a aussi des plages plus étoffées, avec de belles orchestrations : le piano de "James Dean", les guitares électriques de "La fille du train", la batterie du "Temps est à la fête"… Nous aimons beaucoup "Y'a pas mort d'homme", coécrite avec un détenu, et "Tebi majko misli lete" ("Mes pensées s'envolent vers toi"), chanson traditionnelle croate. Le projet s'est enrichi de la collaboration avec Stéphane Mellino sur les titres "Comme une balle" aux rythmiques enlevées et "Fille de ce pays", profondément blues.

LONGUEUR D'ONDES #63 (parution avril 2012)


BRUITAGE (pour le NET)
ZEBDA
"Second tour"
(Barclay / Universal Music)

Après une tournée nationale à l'automne 2011, un "Premier tour" triomphal où le groupe toulousain a enflammé les foules, voici le très attendu "Second tour". L'allusion aux prochaines élections présidentielles est pleinement assumée, d'ailleurs Zebda repartira "en campagne" dès le 1er mars pour faire passer ses messages humanistes à travers sa musique, son énergie, sa bonne humeur, sa poésie. Les musiciens s'étaient séparés en 2004, chacun s'ouvrant sur de nouveaux projets. Ce n'était que pour revenir plus forts et plus soudés. Les chansons de ce cinquième album interrogent la société actuelle dans ce qu'elle a de meilleur (la diversité culturelle, la tolérance, le bien vivre ensemble…) mais aussi de pire (le port du voile et de la burqa, la question de "l'identité nationale", les problèmes d'intégration…). Il faut des gars comme Zebda pour réveiller nos consciences, faire avancer les choses, nous mettre du "baume au cœur" !