vendredi 28 janvier 2011

Folkom : "Perdus dans la nature"


L'album du duo Folkom est sorti ! Voici deux chroniques, écrites pour une éventuelle parution, en version 400 et 950 caractères. Que valait-il mieux faire ? Rédiger la plus longue puis réduire le texte ? Faire d'abord la petite, rajouter des informations ?

Folkom joue sur Paris le 14 février 2011 au Café des 2 Moulins, puis le 1er mars au Théâtre Essaïon, le 25 mars au 24 bis... L'agenda est actualisé régulièrement ici :
http://www.folkom.com

1) Version "400"

FOLKOM
"Perdus dans la nature"
(Autoproduit)

L'aventure est sur la route, dans la rue, l'escalier, un train, une voiture… Les rencontres sont étonnantes, parfois désarmantes, toujours enrichissantes. L'univers de Folkom est pétri de toutes ces joies du quotidien, de petits riens, d'instants uniques. Les guitares, folk à souhait, égrènent de riches compositions. S'y posent les voix fraîches, généreuses, de Nicolas et de Renan.

2) Version "950" (ou site internet)

FOLKOM
"Perdus dans la nature"
(Autoproduit)

L'aventure est sur la route, elle surgit ici ou là, dans la rue, l'escalier, un train, une voiture… On se perd dans la nature, on va à Marseille, on danse à Paris, on se balade à Londres, on gagne au loto, on tombe amoureux à Stockholm… L'univers de Folkom est fait de toutes ces joies du quotidien, de petits riens, de belles surprises, de choix à faire parfois, d'instants uniques à vivre. Il y a les souvenirs d'enfance, les histoires d'amour, la boutique blanche et rouge on l'on va le dimanche… On croise des personnes attachantes : une concierge, une vieille dame, de jolies filles… Les rencontres sont étonnantes, parfois désarmantes, toujours enrichissantes. Les guitares, folk à souhait, s'agrémentent de rythmiques enlevées, de riches teintes musicales. S'y posent les voix fraîches, généreuses, de Nicolas et de Renan. Les onze titres, habilement composés, ont été réalisés par Pierre Chérèze, ex-guitariste d'Higelin, Renaud…

vendredi 21 janvier 2011

Transistor 32


Le nouveau numéro du Transistor, reflet des musiques actuelles en Seine-et-Marne est disponible depuis début janvier 2011, avec le groupe Elista en couverture !

Outre l'interview d'Elista et la chronique de "L'amour, la guerre et l'imbécile", il y a moult infos à lire sur l'actualité musicale dans le département, l'agenda des concerts (jusqu'au 2 avril), un dossier sur la fonction de programmateur... Sans oublier les chroniques, dont celle, excellente, de Kapt'n Frakass, son coup de coeur pour l'album "613" de Chapelier Fou, qui m'a donné envie d'aller voir de quoi il retournait, via son site internet :

http://www.chapelierfou.com

J'oubliais de parler de la Pépinière 2011, les treize groupes sélectionnés y sont présentés dans ce numéro, c'est l'occasion de se pencher sur des groupes "en devenir", comme Brokencandys, Hewitt, Lenina Crowne, Air Bacha, Astoria, Folkom, La Soucherie... On attend la compil, spécialement éditée.

On peut consulter le numéro 32 du Transistor en ligne, sur le site du réseau Pince Oreilles :

http://www.pinceoreilles.fr


INTERVIEW ELISTA
En 2003, le groupe était à l'honneur du Transistor pour son premier album aux chansons pop attachantes et distinguées. Puis vint "La folie douce" (2006) aux accents rock affirmés. "L'amour, la guerre et l'imbécile" (sortie le 24 janvier 2011) a pris une direction acoustique, intime, enjouée. Rencontre autour d'une tasse de thé avec Benjamin, parolier, et François, chanteur guitariste. Marc (batteur) et Thomas (chanteur guitariste) répondent par mail.
-Depuis quand existe Elista, comment en êtes-vous venus à faire de la musique ensemble ?
B : On se connaît depuis qu'on est ados. Au début on traînait, on ne faisait rien de spécial, si ce n'est qu'on aimait tous la musique. Quand François et Thomas ont commencé à jouer ensemble de la guitare, je leur ai donné des textes en anglais. On a découvert le premier Miossec, Dominique A, Mano Solo… J'ai écrit en français, on a fait des chansons tous les trois. Un jour, Marc nous a proposé de jouer en première partie de Mickey 3D aux 18 Marches. Après ce premier concert, on a enregistré une maquette, on a trouvé un nom, Marc a intégré le groupe à la batterie. C'est devenu Elista.
-Parlez-nous des conditions d'enregistrement de "L'amour, la guerre et l'imbécile".
F : On a enregistré avec Antoine Gaillet, qui avait mixé "La folie douce". Il est parti avec tout son matos dans un camion et nous avec le nôtre, dans la maison de Beaumes. C'était assez rigolo, ça faisait colonie de vacances. On avait la super vue, on se faisait à manger, c'était très collégial.
-Pourquoi avoir voulu des sons plus acoustiques ?
F : Le deuxième album était assez furieux, très énervé, selon l'humeur de l'époque. Du coup, on avait forcément envie d'autre chose : plus apaisé, plus reposé, plus "chanson". On avait privilégié l'énergie sur le précédent et là, c'était la mélodie.
- Thomas, comment composes-tu avec François ?
T : François et moi arrivons chacun avec une idée assez précise de la construction et de la mélodie de chaque morceau, que nous retravaillons ensuite ensemble en y apportant nos idées respectives. On avance comme ça jusqu'à ce que le résultat final nous convienne à tous les deux, de sorte qu'il n'y a rien de régulièrement défini au niveau des guitares.
-Marc, n'as-tu pas été "frustré" au niveau de ton jeu, plus "retenu" que dans les albums précédents ? Quelles percussions as-tu utilisées ?
M : Non ! Les batteries, sur ce disque, "jouent" plus sur l'intention que sur l'énergie. J'ai principalement utilisé des tambourins, des shakers et des petits éléments de batterie, afin d'appuyer les guitares rythmiques acoustiques, pour obtenir plus de couleur. Le disque étant plus folk et ensoleillé, c'était la direction à prendre. Et j'y ai pris beaucoup de plaisir.
-Comment t'est venue l'idée, Benjamin, d'écrire un texte aussi poétique sur un thème aussi grave dans "La ballade criminelle" ?
F : Ce qui est grave, c'est quand on sait que c'est son passe-temps préféré !
B : J'aime bien Johnny Cash. Les "murder ballads", c'est un truc qui se fait pas mal aux Etats-Unis. "La ballade criminelle" ça sonnait très bien, il y avait quelque chose de curieux dans le fait d'écrire une "murder ballad".
-Et "Le royaume des cieux" ?
B : C'est un prétexte pour parler d'une idée qui me dérange, très difficile à vivre. Ce gars-là, alcoolique, qui vit dans la rue, qui a divorcé, qui a commis tous les péchés du monde, arrive au paradis… Il arrive au ciel et puis il faut encore le mériter, ça. Il faut mériter sa place tout le temps, partout… À terme, ne pas avoir sa place quelque part, ne pas réussir à se situer, c'est complètement insupportable.
-Avez-vous une information à rajouter pour les lecteurs du Transistor ?
F : Le Transistor est un interlocuteur qu'on aime bien. Le 77, c'est tous nos débuts, c'est là d'où on vient, s'y trouvent les salles où on a commencé, on a toujours des tas de copains prêts à nous filer un coup de main. Le 77, c'est important. Et puis, on a l'air comme ça, mais moi je mange du brie dès que je peux ! J'en ai dans mon frigo, je pourrais vous le montrer !
Interview intégrale sur http://www.pinceoreilles.fr

CHRONIQUE
ELISTA
"L'amour, la guerre et l'imbécile"
CD 12 titres – Wagram
Ce disque s'est fait attendre, mais pourquoi aller vite si l'on peut se donner du temps ? Elista, après la pop aérienne de son premier album, nous avait entraînés, avec "La folie douce" sur des terrains plus sombres. "L'amour, la guerre et l'imbécile" fait la part belle à l'acoustique, met en avant les chœurs, les harmonies, sur des guitares folk et rythmiques. C'est lumineux, coloré, optimiste. Les chansons, touchantes, sensibles, admirablement composées, sont riches en sentiments, en amour de la vie. Les textes, légers en apparence, parfois plus graves, parlent du bonheur mais aussi des doutes.
Facebook et Twitter
Le concert du 2 février 2011 à la Maroquinerie (Paris) est repoussé au vendredi 11 mars, même lieu, il faudra donc attendre !
Tournée en 2011
Discographie :
"Elista" (2003)
"La folie douce" (2006)
"L'amour, la guerre et l'imbécile" (2011)
Elista, c'est :
Benjamin Peurey (parolier)
François Nguyen (chant/guitare)
Thomas Pierron (chant/guitare)
Marc Mallia (batterie)
Et le bassiste Stéphane Bertrand

jeudi 13 janvier 2011

Chronique Elista


ELISTA
"L'amour, la guerre et l'imbécile"
(Wagram)
Photographie de Sylvain Gripoix
Comment peut-on qualifier ce groupe de "vraiment pas bien", qui "sent la variété" ? Si "variété" veut dire "commercial", alors non, Elista n'est pas dans ce créneau ! Oui, son troisième album est pop, "populaire", d'un accès (a priori) plus facile, avec ses belles mélodies, ses chœurs mis en valeur, ses sons folks, acoustiques, ses textes poétiques aux multiples lectures…
Ce disque résulte d'un long travail, personnel et collectif, d'une lente maturation, de diverses collaborations… Après tout je comprends qu'on puisse passer complètement à côté, qu'on en reste à une première impression, sans chercher à creuser. Allez, j'arrête de me faire du mal.
"L'amour, la guerre et l'imbécile" est un album subtil, raffiné, qu'on prend plaisir à écouter, liant la qualité des textes à des compositions musicales recherchées, équilibrées, dynamiques. Les deux premiers albums sont tous aussi excellents, pour qui veut bien se donner la peine d'y poser ses oreilles, d'ouvrir un peu son âme.
Nous avions découvert Elista en 2003, avec la pop aérienne de son premier album, aux chansons attachantes et distinguées. En 2006, nous l'avions suivi dans "La folie douce" aux accents rock, sombres, énervés, avec des textes âpres, assez désespérés.
"L'amour, la guerre et l'imbécile" a pris une direction acoustique, intime, enjouée. C'est lumineux, coloré, optimiste. Il y a cet accent mis sur les chœurs, les harmonies, les guitares folk et rythmiques, les lignes mélodiques. La batterie, jouant plus sur "l'intention que sur l'énergie", est présente sous forme de petits éléments, des tambourins, des shakers… Les douze chansons, touchantes, sensibles, sont riches en sentiments, en amour de la vie.
Les textes, légers en apparence ("La Saint-Valentin", "Ton serment", "Des couleurs à ta robe") sont parfois plus graves ("L'amour, la guerre et l'imbécile", "Devine"), parlent du bonheur mais aussi des doutes ("La part de toi", "Et si au pire", "Amour sale"), des espoirs déçus ("Seul et sans défense", "À la manière d'un météore"). "La ballade criminelle" (les mots d'un assassin… amnésique) et "Le royaume des cieux" (sur la douloureuse question : "Avons-nous tous notre place ?"), d'un abord moins facile, se distinguent par leur incroyable force poétique, leur puissance d'évocation.
On apprécie toujours autant l'écriture ciselée de Benjamin Peurey, le parolier du groupe, la façon dont elle colle, parfaitement, à la musique. En cette période de médiocrité ambiante, le troisième album d'Elista est une grande réussite, à acheter chez tous les bons disquaires dès le 24 janvier !
Le concert du 2 février à la Maroquinerie est annulé, mais reporté le 11 mars , toujours à la Maroquinerie (Paris).
Tournée à suivre, en 2011
Facebook et Twitter
L'article et la chronique sont dans le Transistor 32 !
Rendez-vous sur le site du réseau Pince Oreilles, où l'on peut feuilleter ce nouveau numéro :

jeudi 6 janvier 2011

Bonne année 2011 !



Bonne année

Bonne année à toutes les choses :
Au monde, à la mer, aux forêts,
Bonne année à toutes les roses
Que l'hiver prépare en secret.

Bonne année à tous ceux que j'aime
Et qui m'entendent ici-bas,
Et bonne année, aussi, quand même,
À tous ceux qui ne m'aiment pas !

Rosemonde Gérard

mercredi 22 décembre 2010

Interview Elista


Le Transistor 32 (parution début janvier 2011) consacre sa couv à Elista et à son troisième album, "L'amour, la guerre et l'imbécile". Fan de la (presque) première heure, il m'a été confié la mission de réaliser l'interview d'Elista et d'écrire la chronique de l'album. J'étais super contente !
L'album m'a emballée tout de suite, certains titres circulant sur le Net ("La Saint-Valentin", "Des couleurs à ta robe", "L'amour, la guerre et l'imbécile") ne m'étaient pas inconnus, je les aimais déjà. Il y a bien là l'univers d'Elista, subtil, ouvragé, ouvert, généreux, ensoleillé. Les guitares, rythmiques, jouent aussi de belles lignes mélodiques, les chants et les chœurs forment un ensemble harmonieux… Voilà douze chansons pop folk acoustiques, admirablement écrites, habilement arrangées…
Quitte à passer du temps ensuite en terme de transcription, j'ai préféré rencontrer le groupe et l'interviewer sur dictaphone. Par mail c'est plus rapide, plus pratique, mais rien ne vaut de "vrais" contacts humains, la spontanéité.
J'ai vu François et Benjamin à Paris, en novembre. Marc et Thomas n'avaient pu se libérer, alors je leur ai réservé quelques questions par mail. Les échanges furent chaleureux, drôles, passionnés.
J'ai rédigé une version longue de l'interview, destinée au site internet du Pince Oreilles. Je trouve toujours cela intéressant, des artistes qui parlent de leur travail, de leur musique, de leur cheminement, en profondeur.
(Enfin, s'ils pensent à la mettre en ligne, je ne vois pas sur le site l'interview intégrale de Folkom pour le Transistor 31, je m'étais pourtant donné un mal de chien pour l'orthographe, la syntaxe, la mise en page…).
Elista
"L'amour, la guerre et l'imbécile"
Sortie chez Wagram le 24 janvier 2011
Bientôt l'article et la chronique dans le Transistor 32.
Concert le 2 février 2011 à la Maroquinerie (Paris)
Tournée en 2011
Photographies de Sylvain Gripoix

INTERVIEW ELISTA, PARIS, NOVEMBRE 2010
En 2003, le groupe était à l'honneur du Transistor pour son premier album aux chansons pop attachantes et distinguées. Puis vint "La folie douce" (2006) aux accents rock affirmés. "L'amour, la guerre et l'imbécile" (sortie le 24 janvier 2011) a pris une direction acoustique, intime, enjouée. Rencontre autour d'une tasse de thé avec Benjamin, parolier, et François, chanteur guitariste. Marc (batteur) et Thomas (chanteur guitariste) répondent par mail.
-Petit historique du groupe, depuis quand existe Elista, comment en êtes-vous venus à faire de la musique ensemble ?
B : On se connaît depuis qu'on est ados, un peu avant, même, pour certains. J'ai rencontré Thomas à l'école primaire, François au collège, Marc au lycée. Au début on traînait, on ne faisait rien de spécial, si ce n'est qu'on aimait tous la musique. François et Thomas ont joué dans des groupes, moi j'écrivais de mon côté, rien de plus précis… Puis ils ont commencé à jouer ensemble de la guitare, à faire des chansons, je leur ai donné des textes en anglais. On a découvert le premier Miossec, Dominique A, Mano Solo… François m'a demandé d'écrire des textes en français ; on a fait des chansons tous les trois, sans toutefois être un groupe à part entière. Un jour, Marc nous a proposé de jouer en première partie de Mickey 3D, aux 18 Marches. Après ce premier concert, un peu spécial, on a enregistré une maquette, on a trouvé un nom, Marc a intégré le groupe à la batterie. C'est devenu Elista.
-Pour le premier album (Elista, 2003), dans quelles circonstances avez-vous signé chez Sony ?
F : Grâce à la maquette, ça a été assez rapide, on a signé chez un petit label parisien, Recall, qui nous a revendu ensuite à Sony, en cours de premier album.
-Après le deuxième album (La Folie Douce, 2006), ce contrat a été rompu. Pouvez-vous nous dire pourquoi ?
B : On ne s'est pas retrouvés, on n'était pas très à l'aise, il y avait des licenciements, c'était le bazar. On avait envie d'un cadre sécurisant, pouvoir évoluer à notre rythme. Là on a été pris dans une grosse machine, qui était tout le temps en train de bouger…
-Votre troisième album (L'amour, la guerre et l'imbécile, 2011), comment a-t-il mûri ? Plutôt lentement ?
B : C'est vrai que c'est long entre le deuxième et le troisième, mais entre le premier et le deuxième, c'était long aussi, on a toujours été assez longs, en fait. À chaque fois qu'on fait un disque, on a envie d'en faire un autre après, on a envie de se remettre en question, de changer des trucs… Ça ne se fait pas en deux minutes. Il faut que les choses arrivent à maturité, il faut que ça nous plaise. Dans Elista, il faut que les choses plaisent à tout le monde et ça, ça prend du temps !
F : L'avantage, c'est que maintenant, on est beaucoup plus mûrs, aussi bien pour écrire les chansons que pour les enregistrer, pour les arranger. De même pour tout ce qui est autour du groupe, savoir monter une structure… Il y a des tas de choses pour lesquelles on est beaucoup plus solides maintenant, on est plus consistants. Et surtout, il y a une chose vraiment bien, c'est qu'on s'est débarrassés de tous les parasites, on a cherché de nouveaux partenaires, ça c'est un vrai luxe.
B : On est libres comme on voulait l'être.
-Quelles ont été vos conditions pour signer chez Wagram (label français indépendant) ?
B : C'est un contrat de licence, Elista est producteur et co-éditeur.
-Parlez-nous des conditions d'enregistrement des douze titres de l'album, à Beaumes-De-Venise (Vaucluse, près de Carpentras) ? Ont-elles été favorables à la création ?
F : On a enregistré avec Antoine Gaillet, réalisateur de disques, qui avait mixé "La folie douce". C'est quelqu'un dont on apprécie le travail, l'échange avec lui est assez limpide, on n'a pas besoin de se briefer des heures, on fait les choses assez naturellement. Et en plus, c'est un bon camarade, il est marrant. Il est parti avec tout son matos dans un camion et nous avec le nôtre, dans la maison de Beaumes. C'était assez rigolo, ça faisait colonie de vacances. On avait la super vue, on se faisait à manger, c'était très collégial.
B : C'était l'hiver, on était dans une vieille maison en pierre située dans un hameau, avec autour les champs, les vignes… On est arrivés là-bas avec toutes nos affaires, on a fait courir les câbles dans les escaliers, la maison est devenue un studio, on était en pull à enregistrer des chansons, avec le soleil à la fenêtre… C'était génial, on a vécu une expérience un peu particulière. On avait très envie de faire ça, ça collait exactement à ce qu'on voulait faire comme disque. C'était l'ambiance qu'il fallait vraiment.
-Pourquoi avoir voulu des sons plus acoustiques ?
F : Le deuxième album était assez furieux, très énervé, selon l'humeur de l'époque. Du coup, on avait forcément envie d'autre chose : plus apaisé, plus reposé, plus "chanson". On avait privilégié l'énergie sur le précédent et là, c'était la mélodie.
-Les chœurs sont mis en avant, très harmonieux, leur mise en place a-t-elle nécessité beaucoup de travail ?
B : C'est le truc de François, ça. Sur les deux premiers albums, il y avait quand même pas mal de chœurs. Sur le troisième, la direction a changé, ça a favorisé les chœurs, les harmonies, déjà présents précédemment, mais pas autant mis en avant. La première fois qu'on s'est vus pour parler du troisième album, on s'est demandé : "Et si on essayait de faire un truc qui fonctionne à la première écoute ?" À partir de là, on s'est dit pourquoi ne pas faire un truc plus positif, un peu plus pop ? Alors ça sous-entend des harmonies, pour rendre les choses plus limpides, donc un peu plus acoustiques. C'étaient nos bases de départ, pour cet album-là.
-Les textes étaient-ils déjà tous écrits, en avez-vous écrit sur place ?
B : J'ai bien ramé, quand même. "La folie douce" était vraiment dans une direction particulière. Je voulais vraiment un truc très écrit, très construit, en plus la musique était rock, c'était dur à faire. Je galérais pas mal, je me prenais la tête sur des jeux de mots, des sonorités, c'était compliqué. Quand il a fallu revenir sur "L'amour, la guerre et l'imbécile", l'idée était de faire le contraire, plus simple, un peu plus généreux… Ce n'était pas facile, il a fallu réapprendre des trucs, je m'étais convaincu qu'un texte devait être compliqué, hyper écrit, hyper travaillé, avec des sonorités partout… Là, le problème, c'était vraiment le fond du texte, avec le souci d'être lisible, d'être clair. Ce n'était pas simple, il y en avait d'écrits déjà, mais il y a eu beaucoup de réécritures en cours d'enregistrement.
-Comment travaillez-vous les chansons ? La musique précède le texte ou c'est l'inverse ?
F : On part souvent d'un texte de Benjamin, ensuite on fait les musiques dessus, après c'est un ping-pong permanent entre nous trois, enfin entre nous quatre, parce que Marc a beaucoup participé à l'écriture du disque.
-Les thèmes des chansons semblent, pour la plupart, autobiographiques ?
B : C'est plus personnel, mais toutes les chansons ne parlent pas de moi, il y en a qui parlent un peu de moi, mais qui concernent aussi François, Thomas et Marc. On a pas mal de trucs en commun, c'est probablement lié à ce qu'on avait en tête comme atmosphère pour l'album… "Des couleurs à ta robe" est vraiment personnelle, mais d'autres chansons parlent de ce qu'on a pu vivre en commun, tous. "L'amour, la guerre et l'imbécile" ne parle pas de moi, "À la manière d'un météore", "Seul et sans défense" parlent de moi mais pas que de moi… Par rapport à l'idée de faire un truc généreux, spontané, je suis allé piocher un peu chez les copains. Mais c'est plus personnel, quand même, c'est vraiment du vécu, pas seulement des opinions…
-Vous avez gardé le même bassiste que sur "La folie douce" (Stéphane Bertrand, de Ginger Ale), pourquoi n'est-il pas membre à part entière d'Elista ?
F : Stéphane avait déjà un groupe à côté, c'était compliqué de lui dire d'intégrer complètement notre groupe aussi, il avait ses projets… Mais quand on l'a appelé pour le troisième album, il a tout de suite répondu présent, il est venu pour l'enregistrer, il a passé la semaine avec nous…
-Au niveau des guitares, François et Thomas, avez-vous chacun votre rôle ? François plutôt rythmique et acoustique, Thomas plutôt mélodique et électrique ?
F : En général je suis plus rythmique, Thomas est meilleur que moi en solo. Quand il y en a un qui chante, on essaye de prendre les parties compliquées de l'autre.
-Peux-tu nous dire quelques mots, Thomas, sur votre façon de composer ensemble ?
T : François et moi arrivons chacun avec une idée assez précise de la construction et de la mélodie de chaque morceau, que nous retravaillons ensuite ensemble en y apportant nos idées respectives. On avance comme ça jusqu'à ce que le résultat final nous convienne à tous les deux, de sorte qu'il n'y a rien de régulièrement défini au niveau des guitares. En concert, c'est différent ; François joue plus majoritairement la guitare rythmique, et j'assure les lignes plus mélodiques. Ceci dit, maintenant que Julien Cortes (auteur compositeur de Querrencia, et guitariste au sein du groupe Erevan Tusk) nous accompagne en concert, je joue peut-être davantage de guitare rythmique… Ce qui nous permet de redynamiser les titres - et en plus, ça me soulage : je peux me concentrer sur le chant.
-Marc, en tant que batteur d'Elista, n'as-tu pas été "frustré" au niveau de ton jeu, plus "retenu" que dans les deux albums précédents ? Tu as utilisé différentes percussions ? Lesquelles ?
B : C'est marrant que tu dises ça, parce que s'il y en a un qui était content d'enregistrer dans la maison, c'était Marc. Sur "La folie douce", les parties de batterie étaient très réglées, laissant peu de place à la spontanéité. Et là, d'une prise à l'autre, il ne faisait pas le même break, il changeait un truc… Il était super content de faire ça.
F : Sur l'album, il y a plein de petits joujoux qu'il aime bien, il s'est fait plaisir.
M : Non, je ne me suis pas senti frustré ! Par rapport aux précédents albums d'Elista, les batteries, sur ce disque, "jouent" plus sur l'intention que sur l'énergie. Ce travail-là concernait tout le groupe, et pour moi, la notion de groupe est toujours la plus intéressante. D'autant que l'intention, concernant le jeu de batterie, fait complètement partie de mes préoccupations… J'ai principalement utilisé des tambourins, des shakers et des petits éléments de batterie, détournés. Tout ça afin d'appuyer les guitares rythmiques acoustiques de l'ensemble des titres, pour obtenir plus de couleur. Le disque étant plus folk et ensoleillé, c'était la direction à prendre. Et j'y ai pris beaucoup de plaisir.
-Benjamin, peux-tu nous parler de ta place un peu particulière au sein d'Elista ?
B : Je suis parolier mais c'est mon groupe quand même ! Je comprends que cela intrigue, mais moi ce qui m'intrigue vraiment, c'est qu'on soit les seuls. Gréco disait : "Je suis interprète, je trouve ça très valorisant, il y a des gens qui sont paroliers, c'est leur métier…" Moi je suis parolier, tu me mets derrière un micro, je ne sers à rien, ça n'apporte rien que je me mette à chanter. Autant que je fasse ma partie, ça ne me frustre absolument pas, pour moi les textes ça compte ! Ma place est trouvée, c'est notre géométrie, on n'a pas non plus choisi un chanteur… On a vraiment fait les choses le plus naturellement possible. Pour nous naturellement c'est deux chanteurs compositeurs, un parolier, un batteur, basta. Il n'y avait pas de cahier des charges à respecter de toute manière.
-Comment t'est venue l'idée d'écrire un texte aussi poétique, aussi léger, sur un thème aussi grave dans "La ballade criminelle" ?
F : Ce qui est grave, c'est quand on sait que c'est le passe-temps préféré de Benjamin !
B : Les histoires sordides me travaillent effectivement, mais il y a aussi autre chose : j'aime bien Johnny Cash, entre autres, et les "murder ballads", c'est un truc qui se fait pas mal aux Etats-Unis. J'aime bien faire les choses en pensant aussi à ce qui fait ailleurs et puiser à droite à gauche… "La ballade criminelle" ça sonnait très bien, l'idée était assez riche, il y avait quelque chose de curieux dans le fait d'écrire une "murder ballad", qui est presque un genre en soi. Ça m'a frappé, j'ai eu envie de me lancer là-dedans.
-Peux-tu nous éclairer sur le "Royaume des cieux" ?
B : C'est un prétexte pour parler d'une idée qui m'intrigue, qui me dérange, qui est très difficile à vivre. Je suis convaincu qu'on n'a pas tous notre place dans la société qu'on a fabriquée. Elle n'est absolument pas faite pour tout le monde, ce n'est pas le bien commun qui est en question dans le monde d'aujourd'hui. L'histoire de ce gars-là, qui est alcoolique, qui vit dans la rue, qui a divorcé, qui a commis tous les péchés du monde, il arrive au paradis… Je me disais est-ce que c'est possible de nourrir l'idée : il arrive au ciel et puis il faut encore le mériter, ça. Il faut mériter sa place tout le temps, partout… Même là-haut. À terme, ne pas avoir sa place quelque part, ne pas réussir à se situer, c'est quelque chose de complètement insupportable. C'est une idée que je trouve absolument intolérable. "Nuit de tempête" ou "Les hommes ordinaires" en parlaient déjà, c'est un truc qui me travaille.
-Après votre concert de chauffe le 27 novembre 2010 au Rackam, à Brétigny-sur-Orge (91) puis un concert à la Flèche d'Or le 10 décembre, quels sont vos projets ?
F : On va aussi jouer à la Maroquinerie le 2 février 2011. Sinon, on prépare cette sortie d'album et une tournée est en train de se monter pour 2011.
-Pour suivre l'actualité d'Elista au plus près, quel site internet doit-on consulter en priorité ?
La page Facebook est très souvent actualisée, on la gère nous-mêmes.
Il y a aussi :
-Avez-vous une information capitale à rajouter pour les lecteurs du Transistor ?
F : Le Transistor, c'est un interlocuteur qu'on aime bien. Le 77, c'est tous nos débuts, c'est là d'où on vient, s'y trouvent les salles où on a commencé, on a toujours des tas de copains prêts à nous filer un coup de main. Le 77, c'est important. Et puis, on a l'air comme ça, mais moi je mange du brie dès que je peux ! J'en ai dans mon frigo, je pourrais vous le montrer !
Discographie :
"Elista" (2003)
"La folie douce" (2006)
"L'amour, la guerre et l'imbécile" (2011)




Elista, c'est :
Benjamin Peurey (parolier)
François Nguyen (chant/guitare)
Thomas Pierron (chant/guitare)
Marc Mallia (batterie)
Et le bassiste Stéphane Bertrand