mercredi 3 juillet 2013

Ce matin-là


Ce matin-là, quand je me suis réveillé, il faisait froid. Je n’avais pas fermé correctement la fenêtre de ma chambre en me couchant hier soir et elle était grande ouverte. Bien au chaud sous les draps, je ne m’étais rendu compte de rien, je m’étais endormi du sommeil du juste…

Pointant mon nez pour respirer l’air de la pièce, prendre la température en quelque sorte, me préparer à sortir du lit pour une nouvelle journée, j’ai ressenti ce froid sur mon visage, ce vent glacial qui venait du dehors.

Vite ! Je me suis levé, j’ai passé ma robe de chambre, enfilé mes chaussons en peau de mouton, je me suis dirigé vers la fenêtre, j’ai fermé d’un coup les deux battants, puis tourné la poignée à fond…

Pour retrouver un peu de chaleur, je suis allé poser mes mains au-dessus du radiateur mais il était froid. Ceux du salon et de la cuisine aussi. Mince, ce n’était pas de chance, j’étais pressé mais je ne pouvais quitter la maison sans aller faire un petit tour à la cave, pour vérifier la chaudière, la remettre en marche…

Tant pis ! Je sacrifierai mon petit-déjeuner, je prendrai des gâteaux à grignoter en route, mais je ne voulais surtout pas rentrer le soir dans une maison gelée, après une journée de travail qui s’annonçait déjà bien remplie et peut-être avec des invités à accueillir pour le dîner.


Ouvrant la porte permettant d’accéder à la cave, j’ai été pris d’un doute avant de poser le premier pied pour « descendre ». Bien m’en a pris ! Il y avait un trou noir et béant à la place de ce moyen fort simple que j’avais emprunté pas plus tard que la veille, pour aller chercher quelques bouteilles de vin en prévision d’une soirée arrosée.

Cette soirée avait-elle déjà eu lieu ? Ou bien ce serait tout à l’heure, avec l’arrivée des premiers invités aux alentours de vingt heures ? Je ne savais plus, je me sentais confus, la tête m’a tourné, je me suis adossé au mur pour reprendre mes esprits. Je ne parvenais pas à me souvenir de quoi que ce soit, rien à faire !

Il y avait ce grand vide comme seul accès à la cave, il y avait ce silence sourd venant du bas, me confirmant que la chaudière s’était bien éteinte au cours de la nuit. Fragile, perdu, déboussolé, je n’étais absolument plus maître de mon destin.

Quand j’ai voulu aller au grenier chercher des vêtements chauds (j’avais aménagé une partie des combles en dressing), je me suis rendu compte que ce qui aurait dû se trouver là… n’y était pas.

En fait, il n’y avait tout simplement… rien. L’ouverture rectangulaire et la trappe, levée en permanence, prouvaient bel et bien l’existence du grenier, mais ayant levé mes pieds l’un après l’autre pour tenter de « monter », je ne rencontrai aucun appui et je faillis tomber. 


Photographies : La maison de MC (Suizy-le-Franc)

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